Edito

Ils sont tous devenus aphones !

J.B. / 7 octobre 2011

Nicolas Sarkozy nous avait habitués à un nouveau style de gouvernance : un président de la République omniprésent. Il occupait tous les écrans, et les journalistes se battaient pour l’avoir. Quand Fillon était en mauvaise posture, il disait en substance aux journalistes : « C’est moi qui décide. J’assume ». Il cumule la fonction de chef d’État, chef de la majorité et chef du parti présidentiel.

Le mois dernier, l’UMP organisait son université d’été, sorte de grand-messe médiatico-partisane. À l’ouverture, on discutait sur les propositions du gouvernement pour renflouer les caisses de l’État. Raffarin n’était pas content qu’on augmente les prix d’entrées dans les parcs à thèmes. Sarkozy est intervenu personnellement et il l’a fait supprimer. Mais, où est-il aujourd’hui ?

À la veille des sénatoriales, plusieurs proches de Nicolas Sarkozy sont inquiétés dans des procédures judiciaires. C’est la panique à tous les étages du pouvoir. Son proche conseiller, Hortefeux, est surpris en train de téléphoner à une personne en garde à vue, après avoir laissé entendre qu’ils disposaient des éléments confidentiels dans une instruction. La « république irréprochable » que Sarkozy se vantait d’incarner prend le fond. Il ne dit rien.

Quelques jours après, l’UMP perd les élections sénatoriales qui provoquent la chute de la majorité au Sénat. C’est une défaite importante qui sonne comme une sanction des élus contre la politique gouvernementale. Cela a provoqué un changement historique. Le pouvoir ne dispose plus des 2 assemblées pour approuver sa politique. Dans l’UMP, les tensions sont palpables. Le chef ne dit rien.

La Banque des Collectivités, DEXIA, plonge, entraînant une réaction en chaîne, aux conséquences incalculables. Cela intervient après des suspicions sur les capacités de la banque Société Générale. Or, l’État a déjà mis 6 milliards d’euros pour relancer DEXIA. Sarkozy avait déclaré que les banques françaises avaient subi positivement les « test-crash ». Et, quand la patronne du FMI, Christine Lagarde, appelle à recapitaliser les banques européennes, le gouvernement souligne que cela ne concerne pas les banques françaises. Le chef ne dit rien.

L’Italie vient d’être sanctionnée par les agences de notations. Après la Grèce qui est toujours en difficulté, la dégradation de la note de l’Italie est un nouveau coup dur pour les tenants du libéralisme qui gouvernent l’Europe. Tous les observateurs posent la même question : « À qui le tour » ? Les yeux se tournent naturellement vers la France. Le chef omniprésent a disparu des écrans et des journaux. Il s’est réfugié dans le silence.

C’est la preuve que le malaise est très profond. Ne cherchez pas la réponse chez Com’Com, le petit Sarkozy local. C’est peine perdue. Ils sont tous devenus aphones.

J.B.


Kanalreunion.com