Edito

Inégalité et calendrier scolaire

J.B. / 12 décembre 2016

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Cette semaine sera la dernière avant les vacances scolaires d’été. La saison chaude s’est en effet bien installée, dans un contexte de réchauffement climatique. Les records de chaleur établis pas plus tard que l’an dernier sont battus cette année. Les mesures promises dans l’accord de Paris ont pour but d’amorcer une inversion de cette tendance, en limitant les émissions de gaz à effet de serre. Mais l’arrivée à la Maison-Blanche de Donald Trump remet en cause cet espoir. Il a en effet placé à des postes clés des partisans des énergies fossiles, qui travaillent pour les intérêts des compagnies pétrolières.

Logiquement, c’est lors de la saison chaude que les vacances scolaires sont les plus longues. Cela doit être d’autant plus vrai en région tropicale. Car aux grandes chaleurs s’ajoute la menace des cyclones. C’est donc la période la moins propice à l’apprentissage.

Or chaque année, les vacances d’été sont raccourcies à La Réunion. Bientôt, les vacances d’hiver seront les grandes vacances. Les jeunes Réunionnais n’ont pas besoin de cet obstacle supplémentaire sur la voie de la réussite. D’ailleurs, le problème de la chaleur est reconnu par les pouvoirs publics. Dans les collèges et les lycées, les bureaux des administrations sont climatisés pour pouvoir travaillé dans de bonnes conditions. Ce n’est le cas des salles de classes où transpirent les élèves et leurs professeurs.

Comme il faut s’y attendre, la rentrée de janvier verra les jeunes souffrir de la chaleur, et cela pendant encore de longues semaines. Et avec le réchauffement climatique, cela ne s’arrangera pas. Or à La Réunion, la réussite scolaire est encore plus primordiale qu’en France. Car pour les jeunes qui sortent du système éducatif sans diplôme, c’est le chômage assuré à plus de 80 %, début d’une vie de précarité qui les obligera à survivre avec en point de mire le minimum vieillesse à la fin de leur vie.

L’argument pour l’alignement du calendrier scolaire réunionnais sur celui de la France est connu, il s’agit de permettre aux jeunes qui veulent poursuivre leurs études après le bac là-bas de pouvoir intégrer leur formation moins de trois mois après l’obtention de leur diplôme, en même temps que leurs homologues de France. Ces lauréats représentent à peine 1 % de la totalité des jeunes et des encadrants concernés par un calendrier anti-climatique. Pourquoi une telle inégalité ?