Edito

Iran is back, l’Iran est de retour

J.B. / 15 juillet 2015

America is back, l’Amérique est de retour, c’était un des mots d’ordre de la campagne de Ronald Reagan lors de l’élection présidentielle de 1980 aux États-Unis. La crise de la prise d’otages de l’ambassade des États-Unis à Téhéran avait en effet fait irruption dans ces élections. Le président sortant, Jimmy Carter, était accusé par son adversaire de ne pas être suffisamment ferme dans ses décisions face au gouvernement qui venait de renverser le régime féodal du Shah d’Iran. Non seulement Washington venait de perdre son plus fidèle allié dans le Moyen-Orient, mais en plus les États-Unis étaient humiliés, apparaissant incapables d’assurer la libre circulation de leurs ressortissants dans leur ancien pré carré. Ronald Reagan a gagné l’élection présidentielle de 1980. Au cours de ces deux mandats, il a relancé la course aux armements tout en accentuant aussi les inégalités entre les riches et les pauvres. L’Amérique était de retour…

En conséquence, l’Iran était alors considéré comme l’ennemi à abattre. C’était le point de départ de plusieurs décennies de tensions qui viennent de connaître une nouvelle étape. Ce mardi à Vienne, les diplomates ont annoncé un accord sur l’industrie nucléaire iranienne. En échange de contrôles visant à empêcher l’Iran d’utiliser son industrie nucléaire pour fabriquer des armes de destructions massives, les sanctions économiques contre le peuple iranien seront progressivement levées.
Sitôt signé, l’accord a été vigoureusement condamné par l’unique puissance nucléaire du Moyen-Orient, Israël. Les dirigeants de ce pays n’ont jamais admis officiellement avoir dans les mains l’arme de destruction massive, mais la justice de leur pays a condamné à plus de 18 ans de prison celui qui a révélé ce fait. Les colonialistes au pouvoir à Tel Aviv craignent-ils de perdre le monopole de l’arme nucléaire au Moyen-Orient ?
Le gouvernement de l’Iran affirme que cette éventualité n’est pas dans ses intentions, mais il ne veut pas priver son peuple de ce que l’énergie nucléaire peut lui apporter dans les domaines de la médecine et de l’énergie notamment.

À l’exception de Tel-Aviv, cet accord a été salué unanimement. Selon Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU, cela montre que le dialogue permet de résoudre les conflits. Quelques semaines après la reconnaissance diplomatique de Cuba, État dirigé par un Parti communiste, Washington signe là un nouvel aveu dans l’échec de sa stratégie. Les dirigeants des États-Unis pensaient que le blocus économique de l’Iran allait pousser au renversement du gouvernement iranien et à son remplacement par des alliés. Comme contre Cuba, cette stratégie a échoué. Washington n’a toujours pas abdiqué sur son objectif. Obama a demandé la reprise du blocus économique en cas de manquement de la partie iranienne. Mais Washington doit se ranger à l’avis de la communauté internationale : l’Iran ne doit plus être la cible de sanctions. 35 ans après l’élection de Reagan, c’est au tour de l’Iran d’être de retour sur le devant de la scène internationale : Iran is back.


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