Edito

« Jusqu’où certains types sont prêts à aller pour éliminer un adversaire »

J.B. / 27 août 2016

Six jours après le procès de Maurice Gironcel, son accusatrice qui a avoué avoir essayé de le piéger a été embauchée à la Cité des Arts de Saint-Denis. Cette révélation a été faite jeudi au Conseil communautaire de la CINOR par Maurice Gironcel. C’est un coup de tonnerre. Cette embauche a suscité l’indignation de nombreux conseillers qui ont quitté la salle, ce qui a entraîné l’ajournement de l’assemblée faute de quorum. C’est du côté de Sainte-Marie que les propos étaient les plus virulents. Comment peut-on travailler avec des personnes qui emploient de telles méthodes, a dit en substance Yves Ferrière, conseiller communautaire de Sainte-Marie.

« Jusqu’où certains types sont prêts à aller pour éliminer un adversaire », c’était une phrase de Me Boniface, avocat de Maurice Gironcel, prononcée le 8 juillet lors du procès et qui résumait bien les débats. Ils avaient démontré qu’une militante de Daniel Alamélou avait tenté une manœuvre de dernière minute pour que l’éternel battu aux élections de Sainte-Suzanne essaie d’obtenir l’inéligibilité du maire de la commune, crédité d’une large avance après le premier tour des élections municipales. Daniel Alamélou ne se faisait en effet guère d’illusion quant au verdict des urnes. Le lendemain, le peuple avait tranché et il était une nouvelle fois battu.

Débouté par le tribunal administratif et par le Conseil d’État, juge de l’élection, Daniel Alamélou a insisté en utilisant cette fois la justice pénale. Les enquêteurs ont rapidement constaté que ce qui était reproché à Maurice Gironcel relevait d’un piège grossier. Faute d’éléments probants, l’affaire devait être classée. Mais au bout de plusieurs mois de silence et sans que de nouveaux éléments le justifient, les poursuites ont été relancées par le Parquet.

Lors des réquisitions, l’avocat général a demandé de la prison ferme et une peine d’inéligibilité à l’encontre de Maurice Gironcel. Quatre jours plus tard, le Parti communiste réunionnais avait réaffirmé sa totale solidarité avec son co-secrétaire général. Deux jours après cette assemblée, la militante de Daniel Alamélou était embauchée à la Cité des Arts, une infrastructure payée par la CINOR et située dans la commune de Saint-Denis, ville dirigée par le Parti socialiste. Cette embauche ne manquera pas de susciter de nombreuses questions. La Cité des Arts a été inaugurée le 6 mars dernier. À cette date, elle avait donc suffisamment de personnel pour fonctionner. Pourquoi la militante de Daniel Alamélou n’a-t-elle pas été embauchée avant l’inauguration de la Cité des Arts ? 4 mois se sont écoulés entre la mise en service officielle de la Cité des Arts et le recrutement de l’accusatrice de Maurice Gironcel. Faut-il autant de temps pour s’apercevoir que des embauches soient nécessaires ? Et pourquoi la militante de Daniel Alamélou a-t-elle dû attendre que le procès se soit déroulé pour être recrutée ?

J.B.


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