Edito

Kisa i fé in konte èk sa ?

LB / 7 mai 2011

Il y a quelques semaines, l’Institut national des statistiques et études économiques (INSEE) a révélé qu’en 2008, près d’un habitant sur deux à La Réunion (49%) était rejeté sous ce que l’on appelle en France "le seuil de pauvreté". Alors qu’en France même, ce chiffre est de 13%.
Récemment, lors d’une réunion du Comité central du PCR, notre camarade économiste Risham Badroudine a attiré l’attention des responsables du Parti sur le fait que 144.000 enfants réunionnais (58%) sont jetés sous le seuil de pauvreté. Et hier, "Témoignages" a consacré deux pages (la une et la trois) à cet autre scandale social de notre pays : « 51% de nos aînés survivent dans la grande pauvreté ».

Cette situation — et toutes les souffrances humaines qui vont avec — est d’autant plus scandaleuse, qu’un "rapport interdécile" publié récemment par l’INSEE montre les inégalités de revenus qui cancérisent notre société. En effet, le rapport entre le revenu plafond des 10% les plus pauvres et le revenu plancher des 10% les plus riches est de 5,3 à La Réunion (contre 3 en France).
Cela montre que les inégalités monétaires sont très élevées chez nous (presque deux fois plus qu’en France). Et l’on sait que ces discriminations inacceptables sont notamment dues au fait que 146.000 Réunionnais en âge de travailler (sur un peu plus de 300.000) sont privés du droit à un emploi stable et payé correctement, pendant que d’autres accumulent les profits et pillent les richesses du pays.

Ces faits très graves, traduits par des chiffres officiels, prouvent à quel point « nout péi lé koupé an dé » et à quel point cet "apartheid social" est le plus gros mur qui nous empêche d’aller vers un développement durable et solidaire. Nous devons tous être conscients que ces inégalités sociales sont le problème principal à résoudre si nous voulons sortir de l’impasse du "mode de développement" actuel.
Mé kisa i fé in konte èk sa ? Nul doute que les forces de progrès à La Réunion sont capables d’unir leurs forces pour s’attaquer aux causes de ces injustices héritées de l’ère coloniale et pour construire ensemble une société réunionnaise plus harmonieuse.

L. B.


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