Edito

L’Accord de Paris annonce la fin des espoirs des carriers et de certains transporteurs

J.B. / 10 novembre 2016

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Route la plus chère du monde à La Réunion : le Mur de La Grande Chaloupe.

Lors de sa conférence de presse d’hier, le Parti communiste réunionnais a largement évoqué les enjeux de la conférence COP22 qui se tient actuellement à Marrakech. C’est en effet au cours de cette rencontre que les représentants de 195 pays vont commencer à travailler sur le contenu d’un cadre qu’ils ont adopté l’an dernier : l’Accord de Paris. Ce document est aujourd’hui ratifié par plus de 100 pays, dont les principales puissances économiques à l’origine des plus importants volumes d’émission de gaz à effet de serre. Ce texte fixe l’objectif de limiter la hausse des températures bien en deçà de 2 degré, et il prévoit également un fonds d’adaptation de 100 milliards de dollars pour soutenir les efforts des pays en développement. Ces derniers portent une très faible responsabilité dans le dérèglement climatique, mais ils en subissent les plus importantes conséquences.

Depuis le 4 novembre, l’Accord de Paris est opposable aux pays. La France l’a ratifié, il est donc opposable non seulement à l’État mais aussi aux collectivités. Cela a des conséquences concrètes pour La Réunion. C’est ce qu’a rappelé hier Yvan Dejean, co-secrétaire général du PCR. Il a pris l’exemple de la route en mer. Pour que le chantier puisse se poursuivre, ses promoteurs ont besoin de matériaux. Or la Région Réunion a pris la décision de lancer le chantier sans que ces matériaux ne soient disponibles. C’est le point de départ de la bataille des carrières. Car pour que les transporteurs et les multinationales du BTP puissent continuer, elles ont besoin de gisements de galets.

Yvan Dejean a constaté que la décision sur l’ouverture d’une nouvelle carrière à Bois-Blanc est reportée de trois mois. Cela interroge. Le gouvernement veut-il refiler la patate chaude à son successeur, a dit en substance Yvan Dejean. L’enjeu est en effet décisif, car sans l’ouverture de cette carrière, la route en mer ne restera qu’une opération publicitaire sans lendemain. En effet, à quoi bon continuer à construire le mur de la Grande Chaloupe si cela ne sert qu’à priver les habitants de ce quartier d’une vue sur la mer ?

Or l’Accord de Paris est très clair : il faut réduire les émissions de gaz à effet de serre et s’adapter au changement climatique. La route en mer est donc en totale contradiction avec un traité ratifié par plus de 100 pays dans le monde dont la France. Elle aura en effet pour conséquence d’augmenter le trafic automobile. De plus, elle est construite en pleine mer, alors que personne n’est aujourd’hui capable de dire quel sera le niveau de l’océan Indien dans les prochaines décennies. Elle n’est donc pas compatible avec les engagements internationaux de la France qui veut se montrer exemplaire dans ce domaine.

Autant dire que cela douche sérieusement les espoirs de tous ceux qui comptent tirer profit de l’extraction et du transport de plusieurs millions de tonnes de galets, que les pierres viennent de Bois-Blanc, Dioré ou Menciol.


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