Edito

L’Accord de partenariat économique n’est qu’un début

J.B. / 25 février 2016

Hier en conférence de presse, le PCR a rappelé le danger qui guette toute l’économie réunionnaise du fait de la signature prochaine d’un Accord de partenariat économique entre les pays voisins et l’Union européenne. Il permettra la création d’une zone de libre-échange entre un bloc de plus de 600 millions d’habitants d’Afrique orientale et australe, et les 500 millions d’Européens. Cet accord prévoit l’entrée sans quota ni taxe de tout ce qui sera produit chez nos voisins dans l’Union européenne. Les biens et services réunionnais sont donc directement menacés par cette concurrence venant de pays les plus proches de notre île. Car rien n’empêchera un patron réunionnais de profiter de la situation pour augmenter ses profits en mettant au chômage des travailleurs réunionnais. Il pourra ainsi délocaliser sa production à Madagascar ou à Maurice et écouler sa marchandise à La Réunion.

Mais cet accord n’est qu’un début. Sous l’impulsion de l’Union africaine, et avec le soutien de l’Union européenne et de l’OMC, c’est tout notre continent qui se prépare à constituer une zone de libre-échange. Les chiffres sont impressionnants. Cela représente aujourd’hui 1 milliard d’habitants, et 2,5 milliards en 2050. Voici quelques précisions données hier par la Commission de l’Union africaine :

« Les deux jours de l’atelier sur le renforcement des capacités et de partage d’informations pour les États membres et d’autres parties prenantes, en prélude à la 1ère réunion du Forum de négociation de la Zone de Libre-Echange Continentale (NF-CFTA), ont débuté ce jour (hier-NDLR) au siège de la Commission de l’Union Africaine (CUA), à Addis-Abeba. Des Experts en négociation commerciale de divers partenaires renforceront la capacité des négociateurs en chef des Etats membres en vue de soutenir les négociations commerciales, tant du point de vue opérationnel que stratégique.

L’objectif de la ZLEC est de créer un seul marché continental de biens et services, d’établir la libre circulation des gens d’affaires et donc d’ouvrir la voie à l’accélération de la mise en place de l’Union Douanière. »

« Il est impératif d’examiner comment nous pouvons intensifier notre commerce intra-africain en matière des biens et des services. Cela nécessite l’accélération de l’industrialisation à travers la promotion des chaînes de valeur régionales. Pour cela, nous avons besoin de renforcer la productivité de nos industries en mettant l’accent sur 5 domaines clés : l’infrastructure, la facilitation des échanges, les règles d’origine, le financement du commerce et des normes de qualité », a déclaré la Commissaire en Charge du Commerce et de l’Industrie de la Commission de l’Union Africaine, S.E. Mme Fatima Haram Acyl.

Les Réunionnais sont prévenus, cet APE n’est que le début. La représentation de La Réunion au sein de la Commission de l’océan Indien est donc une question de survie. Si la voix de La Réunion n’est pas entendue, alors que restera-t-il de l’économie ?


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