Edito

L’alternance à l’austérité, c’était prévu à La Réunion

J.B. / 27 janvier 2015

Le changement attendu en Grèce est en marche. Dimanche, Syriza est arrivé largement en tête aux élections avec plus de 36 % des voix. Ce score permet à la coalition d’obtenir 149 sièges au Parlement grec, soit près de la majorité absolue fixée à 151. Il a ensuite fallu moins de 24 heures pour que Syriza s’entende avec un allié autour d’une plate-forme. Son partenaire est le parti des Grecs indépendants. Le programme de Syriza vise à remettre en cause la politique d’austérité subie depuis plus de 5 ans par les Grecs. Elle est à l’origine de drame considérables. Jugés comme principaux responsables de cette catastrophe, les socialistes ont subi un revers historique avec moins de 5 % des suffrages.

En France, de nombreux partis tentent de récupérer la victoire. Ce concert de louange ne va pas tarder à atteindre La Réunion. Les soutiens de la dernière heure ne manqueront pas de saluer les avancées pour les forces de progrès, ou de mettre en avant la déroute du Parti socialiste qui faisait partie du gouvernement.
Ils diront avec force que l’austérité n’est pas la solution.
Pourtant, il est un fait : La Réunion subit les conséquences d’une politique d’austérité. Or, l’ancienne majorité de la Région avait tout fait pour que notre île soit épargnée.

Souvenez-vous, c’était en 2007 la signature du Protocole de Matignon. L’aboutissement de plusieurs mois de négociations de Paul Vergès avec le gouvernement avait permis une grande victoire pour La Réunion. C’était l’assurance du financement de deux grands chantiers : tram-train et nouvelle route du littoral. Avec cela, le Contrat de plan État-Région ouvrait lui aussi d’importantes perspectives avec l’engagement de l’État de participer à des projets aussi importants que la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise.

En 2010, tous ces efforts ont été remis en cause. C’était le résultat d’une coalition impliquant les partis parisiens. Aujourd’hui, le résultat est connu de tous : le chômage a explosé, et les grands chantiers prévus dans le Protocole de Matignon n’ont pas pu démarrer. Ils auraient pu constituer un rempart à l’austérité en maintenant l’économie réunionnaise hors de l’eau. Cela n’a pas été le cas, et la confiance s’est effondrée.
L’alternance à l’austérité, ce n’est pas seulement Syriza en Grèce. C’était aussi le programme de l’Alliance en 2010. Il n’est pas trop tard pour l’appliquer.


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