Edito

L’alternance est possible dans l’union la plus large

J.B. / 6 octobre 2011

Dimanche, le Parti socialiste français organise des primaires afin d’éviter la multiplication de candidatures issues de ses rangs lors des prochaines présidentielles de 2012. Le scrutin n’est pas réservé aux seuls adhérents de l’organisation.

Les dirigeants du PSF ont décidé de tirer les leçons de la défaite de 2002 où Lionel Jospin a été sorti dès le premier tour, obligeant tous les Républicains à prendre le bulletin de Jacques Chirac, au deuxième tour, pour faire face au candidat du Front National. En 2007, Ségolène Royal était bien partie, mais elle échoua face à Sarkozy. Cette fois-ci, un vent de mécontentement populaire ouvre la voie à une possible alternance. En tout cas, l’attente est très forte, compte tenu de la dégradation accélérée de la situation sociale et économique.

La responsabilité de tous ceux qui souhaitent le changement est donc engagée. Celle des dirigeants socialistes, bien sûr, mais pas eux seulement. Ce n’est donc pas le moment de décevoir. Le contexte est favorable à une adhésion populaire en faveur du changement. Le renversement de majorité au Sénat a été souligné comme historique. C’est un exemple qu’aucune citadelle ne peut résister au vent du changement. Cela a été possible grâce à l’union de toutes les forces qui souhaitent le départ de l’UMP de la direction des affaires françaises.

Sarkozy a essuyé non seulement une défaite, mais également une humiliation car c’est sous sa mandature que le Sénat a changé de majorité. Au-delà de ses gesticulations médiatiques, il a surtout créé la déception dans tous les rangs de son parti. Le moral des troupes est à terre. Il aura du mal à remotiver son camp qui estime qu’il est parti trop loin avec ses mesures impopulaires.

Face à des conditions aussi favorables en faveur du changement, la victoire repose sur la capacité des dirigeants socialistes à sortir de l’esprit étroit du sectarisme partisan. En une semaine, plusieurs dirigeants parisiens sont venus à La Réunion pour faire campagne pour leur candidat. Il est étonnant que les émissaires de Martine Aubry aient été accaparés par les seuls socialistes. Pourquoi un tel ostracisme alors même que les primaires étaient placées sous le signe de l’élargissement ?

Pourquoi à ce jour la population ignore où et comment voter ?

Le peuple doit être plus vigilant que jamais pour qu’on ne lui vole pas l’alternance politique qu’il attend depuis longtemps.

J.B.


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