Edito

L’Appel de l’Ermitage au cœur des luttes pour la dignité humaine

J.B. / 15 mars 2013

En ce jeudi, les images qui tournent en boucle dans le monde entier parlent de la désignation du chef de l’Église Catholique, le Pape François, et de l’élection du président de la République Populaire de Chine, Xi Jinping. Les 2 dirigeants du vaste monde dont ils ont la charge ont évoqué la nécessité de mieux servir le peuple. En particulier, ils ont appelé à accorder davantage d’attention aux personnes vulnérables et aux pauvres. Chacun à leur manière, ils appellent à plus de Fraternité entre les humains. Le dirigeant communiste chinois pose les conditions d’une société harmonieuse...

Voilà qui devait encourager les animateurs de l’Appel de l’Ermitage qui appellent à « l’abolition de l’extrême pauvreté » comme on a aboli l’esclavage en 1848.

Rappelons que le 18 décembre 2012, des Réunionnaises et Réunionnais se sont réunis à l’Ermitage. Après avoir entendu les récits de vie des personnes démunies, un appel fut lancé pour sensibiliser l’opinion et les pouvoirs publics sur les conditions inhumaines dans lesquelles se débattent nos compatriotes. Rendez-vous avait été pris pour une nouvelle rencontre en février.

Les débats ont été encore plus intenses et des faits scandaleux ont été portés à l’attention des participants. Du reste, des cas similaires peuvent se retrouver dans tous les quartiers. Or, la caractéristique des gens victimes de grande pauvreté c’est le silence, malgré la souffrance qu’elles endurent. Pour beaucoup, ils sont résignés, car c’est leur « destin », disent-ils !

C’est pourquoi l’élection d’un nouveau pape qui a mis la lutte contre le scandale de la pauvreté au cœur de son pontificat sera de nature à accélérer la prise de conscience que les solutions se trouvent dans le renouveau d’une politique au service des plus vulnérables d’abord. C’est un formidable encouragement aux différents acteurs qui ont lancé l’Appel de l’Ermitage dont voici la première partie.

« Appel de l’Ermitage

Après l’abolition de l’esclavage,

abolissons l’extrême pauvreté à La Réunion, avant 2015.

Mesdames, Messieurs,

De plus en plus de Réunionnaises et de Réunionnais souffrent en silence dans des situations d’extrême pauvreté. Les cas sont différents, mais ils ont un point commun : un revenu très faible versé par l’État et un « reste à vivre » dérisoire.

Après avoir enlevé les dépenses obligatoires, c’est avec ce « reste à vivre » qu’on paye la nourriture, l’habillement, l’entretien, les déplacements et les soins. Pour beaucoup de personnes, cette somme s’élève en moyenne à moins de 120 euros pour le mois. C’est-à-dire tout juste 4 euros par jour ! Même pas le prix « in barquette mangé ».

Nous avons décidé d’agir, ce 18 décembre 2012, pour réclamer l’abolition de l’extrême pauvreté à La Réunion, avant 2015.

En effet, dans le cadre des OMD (Objectifs du Millénaire pour le Développement), 2015 est la dernière année fixée par l’ONU pour « éradiquer l’extrême pauvreté dans le monde ». La France a signé cet objectif N° 1. Dans cet esprit, nous demandons l’abolition de l’extrême pauvreté à La Réunion.

En 1848, l’esclavage a été aboli. Aujourd’hui, c’est l’extrême pauvreté qui doit disparaître. C’est une question de dignité humaine ».

J.B.


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