Edito

L’augmentation du chariot type justifie amplement la revendication de l’Appel de l’Ermitage

J.B. / 14 décembre 2013

C’est le 18 décembre 2012, 6 mois après le changement de Président, que sous les filaos de l’Ermitage des pauvres s’étaient réunis afin de lancer un Appel à faire de la pauvreté une cause politique majeure. Ils comptaient attirer l’attention du nouveau gouvernement et des nouveaux Députés sur leurs conditions de vie, spécifiques à La Réunion. Ils ont adressé un courrier à François Hollande ainsi qu’aux 7 députés Réunionnais.

L’une des 5 priorités réclamaient de reconsidérer le revenu de ceux qui ont un « reste à vivre » de 5 euros par jour. Ce critère de « reste à vivre » mesure mieux la situation « d’extrême pauvreté » qui caractérise une grande partie de notre population. Valorisé à 10 euros journalier, ce reste à vivre sera de 300 euros mensuels ; il est bien entendu net de toute autre charge.

Depuis cette date, la situation de ces compatriotes Réunionnais n’a cessé de s’empirer. Vers le 20 de chaque mois, ces pauvres doivent faire appel à des systèmes de solidarité diverse pour pouvoir « tenir ». Le chiffre de 35.000 familles dépendant des colis alimentaires a été publié. Normal donc que l’Appel de l’Ermitage ait lancé une pétition en faveur de l’augmentation du Fonds Européen d’Aide aux plus Démunis. Une délégation a remis les signatures au Député Européen, Younous Omarjee qui avait été chargé par ses pairs de plaider la cause d’une augmentation substantielle de ce Fonds. Suite à son rapport, le Parlement a voté un montant de 3,5 milliards d’euros.

C’est dans ce contexte particulier que nous apprenons les faits suivants. Hier, "Témoignages" rendait compte du communiqué de la préfecture à la suite du constat de l’Observatoire des Prix. Ce dernier a révélé que le montant du chariot type crée en 2009 a baissé régulièrement jusqu’en septembre 2012, soit durant 33 mois. Depuis octobre 2012, il a bondit de 30% ! Voilà qui justifie amplement la lutte des pauvres pour l’amélioration de leur « reste à vivre » et le soutien qui leur est apporté par le PCR.

A titre de comparaison, s’il fallait compenser une augmentation à 30% sur un reste à vivre journalier de 5 euros, cela porterait le total à 6,5 euros par jour, soit presque 200 euros mensuels, net de charge. Nous manquons de chiffres pour connaître la réalité précisément mais plus que jamais la lutte contre la pauvreté, en particulier, la revendication portant « Abolition de l’extrême pauvreté en 2015 » doit devenir la priorité.

L’Appel de l’Ermitage fera un point sur ses engagements la semaine prochaine le 18 décembre 2013. Participez à ce premier anniversaire de lutte contre la pauvreté. L’augmentation du chariot type justifie amplement ce noble combat.

J.B.


Kanalreunion.com