Edito

L’austérité au programme et la crise à l’horizon

J.B. / 2 avril 2014

Le changement de Premier ministre a lieu dans un contexte particulier, et il confirme le tournant pris par le gouvernement.
Les conséquences de la politique du gouvernement ont pesé bien plus lourd que les enjeux communaux dans ces élections municipales. C’est ce qui ressort de la décision prise le lendemain des résultats à Paris. A peine 18 mois après l’alternance en France, le Premier ministre remet sa démission. Un nouveau gouvernement est en formation, il sera conduit par Manuel Valls, ancien ministre de l’Intérieur.

Il faut remonter bien loin pour se souvenir d’un changement de chef de gouvernement au lendemain d’une élection. Sous la présidence de Nicolas Sarkozy, François Fillon était resté à Matignon pendant tout le quinquennat. La perte de toutes les Régions de France sauf l’Alsace en 2010, ainsi que de la majorité des départements en 2011 et des grandes villes en 2008 n’avaient pas déboulonné François Fillon. Sous Jacques Chirac, c’est Jean-Pierre Raffarin qui est le dernier Premier ministre à quitter son poste après une défaite de la majorité. C’était en 2004, au lendemain d’élections européennes dans le prolongement du fiasco des régionales.

Le changement de Premier ministre révèle donc l’ampleur de la défaite du parti au pouvoir. A La Réunion, le recul est du même ordre. Plus de 72% des Réunionnais avaient voté pour le changement avec François Hollande. Au soir du second tour des municipales, la majorité s’est inversée. C’est une baisse de plus de 20 points, elle concerne en premier lieu les députés PS et PLR qui ont voté pour le budget ou ont laissé faire.

Sur la personnalité choisie, c’est la confirmation du virage annoncé par François Hollande lors de ses vœux, puis pendant sa conférence de presse. Cela surprend les écologistes et les communistes en France, qui réclamaient un changement de politique prenant en compte un appel à faire davantage de social.
Manuel Valls est présenté comme le chef de file de l’aile libérale de la majorité. C’est donc la même logique qui va continuer à s’appliquer, avec la même rigueur. Pour La Réunion, ce changement de gouvernement est donc la confirmation que le plus difficile est encore devant. La baisse des dotations des collectivités va placer les maires qui ont fait des promesses inconsidérées dans l’impasse. Comment pourront-ils donner les emplois promis s’ils ont des recettes en baisse ? Il est certain que les contribuables ne laisseront pas les impôts augmenter sans rien faire. Autrement dit, la crise va encore s’accélérer.

 J.B. 


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