Edito

L’austérité met la pression sur les plus pauvres

J.B. / 16 mars 2017

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Au cours de ces deux dernières années, la situation financière des collectivités s’est fragilisée. Après plusieurs années de gel de sa dotation globale de fonctionnement, le gouvernement a choisi de baisser de 11 milliards sur trois ans le montant de cette subvention.

Pour La Réunion, cette décision a d’importantes conséquences négatives. En effet, dans notre île la population continue d’augmenter. Cela amène par exemple les communes à construire des écoles. Le besoin de service public continue donc à augmenter, alors que dans le même temps la dotation de l’État diminue.

Pour le Conseil départemental, cette politique d’austérité s’ajoute à une décentralisation qui voit les transferts de compétence ne pas être compensés par les dotations financières de l’État. Depuis que le Département gère le RMI, l’APAH et l’API, fusionnés depuis dans le RSA, l’État a accumulé une dette proche d’un milliard d’euros. Jusqu’à présent, le Département a choisi de faire des économies en se désengageant des missions qui ne relève pas de sa compétence. Mais hier, une délibération a montré clairement que c’est l’action sociale, principale compétence de l’assemblée, qui est soumise à des coupes.

Les conseillers départementaux étaient en effet saisis d’une délibération durcissant les critères d’attribution d’une subvention versée aux bailleurs sociaux : le Fonds social logement. Ce FSL est destiné à compenser auprès du bailleur la perte financière due à des loyers impayés. Quand une famille est clairement dans l’impossibilité de payer sa dette envers l’organisme de HLM, le FSL peut alors être débloqué. Il peut effacer une dette pouvant s’élever jusqu’à 12 mois de loyer. Les nouveaux critères limitent cette aide à 4 mois de loyer, sauf cas exceptionnels.

Quels que soient les motifs invoqués pour justifier ce recul des droits, le fonds du problème est la politique d’austérité qui est menée depuis près de 10 ans par les gouvernements qui se succèdent. Ce sont les pauvres qui en sont les principales victimes.

J.B.


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