Edito

L’austérité pour les retraités

J.B. / 13 mars 2014

En pleine campagne électorale, une information est tombée comme un coup de massue pour 11,8 millions de personnes en France. Le 1er avril, les retraites complémentaires des travailleurs du secteur privé ne seront pas revalorisées. Cette décision est la conséquence de l’application d’un accord signé par quelques syndicats (CFDT, CFTC et FO) et les organisations patronales. D’après ce document, la revalorisation annuelle est égale à l’inflation moyenne annuelle moins un point, tout en tenant compte d’une correction par rapport à l’inflation de l’année précédente. Selon ce calcul, l’augmentation est égale à zéro.
Ce mauvais coup s’ajoute à un autre qui concerne cette fois tous les retraités : le report du 1er avril au 1er octobre de la revalorisation annuelle des retraites. Cette mesure vise à faire quelques économies, mais elle va plonger dans la détresse des millions de personnes.

À La Réunion, l’impact du gel des retraites complémentaire et du décalage de la revalorisation annuelle au 1er octobre sera encore plus grand qu’en France. Selon le dernier indice des prix de l’INSEE, l’inflation à La Réunion était à 1,4% fin janvier, contre 0,7%. Pour les dépenses de premières nécessité, l’écart est encore plus grand : 3% contre 0,4% dans l’alimentation ; 8,3% contre 0,1% pour l’énergie. Dans l’habillement, la hausse annuelle à La Réunion est de 0,9%, alors qu’en France les prix sont en baisse de 4%.
La perte de pouvoir d’achat sera donc bien plus grande à La Réunion qu’en France. Dans le même temps, les prix sont à un niveau plus élevés à La Réunion qu’en France. C’est ce qui justifie la sur-rémunération de 53% versée par l’Etat à ses agents.

Les motifs invoqués pour ce gel sont la lutte contre les déficits. C’est une application de l’austérité. Pour redresser les finances publiques, le gouvernement a fait le choix de limiter les dépenses, ce qui a pour conséquence de maintenir l’économie de ce pays au bord de la récession. Pour le moment, pas de plan de relance à l’horizon qui pourraient créer des emplois, et donc de nouvelles recettes pour les régimes de retraite.
L’urgence est telle qu’une décision aussi grave ne peut être différée et tombe en pleine campagne électorale. En France, une personne sur six a la certitude de voir son pouvoir d’achat diminuer. C’est bien la preuve de l’aggravation de la crise.

 J.B.


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