Edito

L’autonomie alimentaire est un gage de bonne santé démocratique

J.B. / 1er mars 2013

Le scandale alimentaire qui a éclaté en Europe et qui s’étend maintenant aux autres continents de la planète pose clairement le problème du modèle économique et de ses rapports à la démocratie. La Réunion est déjà touchée, car elle importe beaucoup de produits transformés.

De la viande de cheval trouvée dans des plats préparés ou cuisinés estampillés pur bœuf n’a pas de conséquences sanitaires. La manœuvre relève plus de l’escroquerie sur la composition de la marchandise, mais le produit est mangeable, à tel point que les associations caritatives ont demandé de pouvoir récupérer la nourriture. Le ministre a donné son accord.

Le problème qui est posé, c’est la sophistication d’un mode de production alimentaire, qui repose sur plusieurs agents répartis sur des espaces planétaires. À cette échelle géographique correspondent des grands groupes de distribution, de véritables systèmes très élaborés, qui ont comme objectifs d’écouler la marchandise en grande quantité et à toute vitesse, afin d’assurer la vitesse de rotation. À cette allure, les différents agents ne s’embarrassent pas des grains de sable qui peuvent s’incruster dans les rouages. Par comparaison avec le système financier, des banquiers sont convaincus que plus les banques sont tentaculaires, moins ils sont exposés aux risques. « Too big to fail » disent-ils.

Hélas, c’est sans compter avec la puissance des médias qui sont capables de transformer un grain sable en véritable boomerang pour les agents indélicats. Le système finira bien par trouver un bouc émissaire dans le dispositif, mais tout reviendra normal quelques jours après, car ils comptent sur l’oubli de l’opinion. Et, c’est bien à ce niveau que se pose le contrôle démocratique des citoyens et des pouvoirs publics, sensés protéger la population qui est totalement désarmée face à la complexité des grands groupes mondialisés. Les contrôleurs nationaux ont montré leurs limites face à ces mastodontes.

C’est pourquoi la proposition du PCR d’assurer l’autonomie alimentaire des Réunionnais, par la production de nos besoins sur place, est un gage de sécurité sanitaire. Le contrôle peut se faire plus facilement sur notre espace réduit, même si la tentation de frauder existera toujours. Cependant, le contrôle citoyen, direct, est un gage de bonne santé démocratique.

J.B.


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