Edito

L’autonomie énergétique pour 2025 était réalisable à La Réunion

J.B. / 17 février 2016

Le site Breezcar.com révèle cette information :

« Engagée dans un vaste programme d’électrification de son centre-ville, Amsterdam a présenté vendredi dernier une batterie de mesures destinée à en faire la première ville « zéro émission » en Europe. Baptisé Measure Pack Clean Air for Amsterdam, le projet vise à interdire la circulation à tous les véhicules thermiques (diesel et essence) d’ici à 2025. Dès 2018, les voitures particulières diesel et les bus immatriculés avant 2005 ne pourront plus accéder au centre-ville, de même que les taxis dont la première en circulation est antérieure à 2009. Pour les scooters, la sanction est plus radicale encore : si leur première immatriculation est antérieure à 2011, leurs propriétaires ne pourront plus les utiliser à compter du 1er janvier 2018. »

2025, c’était la date à laquelle La Réunion devait atteindre l’objectif de l’autonomie énergétique. Ce mot d’ordre avait été lancé en 1999 par Paul Vergès. Puis des outils ont été créés pour atteindre cet objectif. Le PRERURE travaillait à la feuille de route pour arriver à un mix énergétique sans charbon ni pétrole. L’ARER, Agence régionale de l’énergie Réunion, lançait des expérimentations et assurait la promotion des énergies renouvelables. Des projets avaient déjà démarré. Le tram-train devait donner la première impulsion à la transformation des transports. Le pont de la rivière des Pluies et l’axe mixte entre Le Port et Saint-Paul comportent en effet l’emplacement prévu pour poser les rails du nouveau chemin de fer. La centrale photovoltaïque de la route des Tamarins devait fournir une partie de l’énergie nécessaire à la conversion du parc automobile au tout-électrique. La première tranche a été construite sur le lieu de l’inauguration de la route des Tamarins par le Premier ministre, François Fillon, en juillet 2009.

Cette orientation et ces projets donnaient à La Réunion « un siècle d’avance », avait souligné Jean-Louis Borloo, ministre de l’Écologie, en 2008. Ils faisaient de notre île un exemple dans le monde.

Ces progrès devaient faire face à une opposition de conservateurs de toutes tendances. Gilbert Annette avait dit publiquement en substance que l’autonomie énergétique était irréaliste.

Quand l’union des conservateurs a placé Didier Robert à la présidence de la Région Réunion, toute cette dynamique a été brisée. Le projet de route en mer, dite nouvelle route du littoral ou NRL, engloutit désormais les crédits obtenus par Paul Vergès pour financer le tram-train et l’axe routier sécurisé entre Saint-Denis et La Possession. Le nombre d’automobile augmente toujours plus chaque année et frôle désormais les 400.000. Quant à la part des énergies renouvelables, elle a reculé.

Amsterdam est une ville de plus de un million d’habitants. Dans 10 ans, elle sera une métropole sans émission de gaz à effet de serre, car elle aura réussi à régler le problème de la principale source de pollution : les transports. Voilà qui rappelle que l’objectif d’autonomie énergétique était bien réaliste. Ce n’est qu’une condition de volonté politique. Mais ce n’est pas celle de ceux qui se sont affrontés au second tour des élections régionales. Didier Robert et Huguette Bello sont pour la NRL. Amsterdam montre qu’ils sont les défenseurs d’idées d’une époque révolue.


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