Edito

L’autonomie est inéluctable. Les tentatives de reculer l’échéance ont conduit à l’impasse actuelle !

J.B. / 10 mai 2014

C’est une analyse structurelle de la société réunionnaise qui a conduit au mot d’ordre d’Autonomie, en 1959, treize ans après la loi d’intégration de 1946. Aux Antilles, le mouvement avait eu lieu l’année d’avant. Il posait les termes d’un rapport de confiance et efficace entre les peuples constituant La République Française. Un débat était ouvert et chacun pouvait y contribuer. Cet appel à la responsabilité s’est heurté à une force qui freinait des quatre fers toute évolution institutionnelle. Pour quel résultat ?

Durant un demi siècle, on ne compte plus les coups fourrés portés contre le PCR. Mais à aucun moment nos adversaires n’ont mis sur la table leur programme. Ils ont fait diversion, usant de toutes sortes de stratagèmes, allant jusqu’à la fraude électorale et la violence physique, agitant l’épouvantail communiste. Mais ils n’ont offert aucune solution pour traiter les problèmes de fond comme le chômage de masse, l’emploi des jeunes, le coût de la vie, le logement, les transports, l’illettrisme etc. Aujourd’hui, d’autres groupements éclosent, mais ils sont toujours sans programme.

Face à une situation sociale qui se dégrade à une vitesse vertigineuse, ils s’en remettent à « Paris », comme si « Paris » n’avait pas assez à faire avec ses propres affaires. Nous sommes bien dans un rapport colonial qui perdure à cause d’une élite politique et intellectuelle qui cultive le complexe d’infériorité, en refusant d’assumer ses responsabilités. Dès lors, l’opinion découvre chaque jour un peu plus des créatures médiatiques en guise de programme concret.

Mais, désormais, le traitement des contradictions de la société française, pour faire face à l’évolution en Europe et dans le monde, vient à point nommé pour souligner le ridicule de toute la charge anti-PCR et contre l’autonomie. Bien sûr, la situation n’est plus la même qu’en 1959. Raison de plus pour proposer une démarche consensuelle capable d’emporter l’adhésion d’une large majorité de la population. Jamais la responsabilité des communistes n’a été aussi grande qu’en cette période. Mme Lebranchu exposera sa réforme territoriale au Conseil des Ministres de ce mercredi. Nous aurons un an pour lui faire des propositions concrètes. C’est le moment inéluctable.

J.B.


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