Edito

L’avenir de la canne à sucre au cœur de la présidentielle 2017

J.B. / 25 mai 2016

En 2013, le gouvernement français a voté aux côtés de la majorité des pays de l’Union européenne pour la suppression des quotas sucriers. Cette décision s’appliquera l’année prochaine. Elle met fin à l’obligation faite à l’Union européenne d’acheter les stocks de sucre invendus aux industriels s’ils n’ont pas atteint leur quota de production, à un prix défini à l’avance supérieur au cours mondial. La Réunion dispose jusqu’à l’année prochaine d’un quota de 300.000 tonnes de sucre. Même pendant l’âge d’or de la production sucrière dans notre île, cette quantité n’a jamais été atteinte. Cela a permis à l’industrie sucrière d’avoir la sécurité d’un prix garanti, ce qui offrait aussi aux planteurs la garantie de vendre leurs cannes aux usiniers. L’année prochaine, cette protection sautera. Le sucre réunionnais sera confronté à la concurrence directe de l’industrie sucrière européenne pour le sucre blanc, et à celle de pays producteurs de sucre de canne qui ont accès au marché européen pour les sucres spéciaux.

À La Réunion, cette question très grave est passée sous silence, sauf par le Parti communiste réunionnais. Force est de constater que ce mutisme est loin d’être partagé par plusieurs candidats à l’élection présidentielle de 2017, et pas les moindres. Ils considèrent que l’avenir de la canne à sucre à La Réunion est aussi une question importante. Depuis 2014, La Réunion a connu la visite de plusieurs candidats déclarés ou qui ne tarderont sans doute pas à le faire. En août 2014, François Hollande avait ouvert le bal. Il s’était rendu à l’usine de Bois-Rouge et avait fait des promesses d’aides aux planteurs et aux industriels, à condition que l’Union européenne soit d’accord. Il avait également confirmé qu’il était hors de question de revenir sur la décision de supprimer les quotas sucriers.

En décembre dernier, c’était au tour d’Alain Juppé, le favori des sondages, de consacrer une partie de sa visite à la filière canne-sucre. La coupe était terminée, qu’à cela ne tienne. Alain Juppé s’est rendu à l’usine de Bois-Rouge en intercampagne pour rencontrer les acteurs de la filière, puis au Conseil départemental, la collectivité compétente dans ce domaine.

Vendredi, Nicolas Sarkozy arrive à La Réunion. L’ancien président de la République est le président du principal parti d’opposition en France, et il est également candidat pour un retour à l’Elysée. La première ligne de l’agenda de sa visite à La Réunion concerne la filière canne à sucre.

Ces faits soulignent que l’alerte est plus que sérieuse et confirme que l’avenir de la filière canne-sucre est en train de se jouer. Cette question sera au cœur de la campagne de l’élection présidentielle à La Réunion.

J.B.


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