Edito

L’avenir de la presse et des organismes de presse en question

J.B. / 22 mars 2016

Avant-hier, dimanche, s’est tenu à Doha, Qatar, le 3e Sommet Mondial des Médias (SMM). Plus de 350 professionnels représentaient une centaine de pays. Le premier sommet s’était tenu à Pékin, en 2009 et le deuxième à Moscou, en 2012. Le sommet de dimanche était organisé à l’initiative d’Al-Jazeera. Les participants devaient plancher sur le thème suivant : « L’avenir de la presse et des organismes de presse ».

En effet, la presse, son organisation, ses professionnels sont confrontés à des défis majeurs, à l’ère du numérique, mais en même temps, il existe des opportunités. Selon l’ agence Chine Nouvelle, « les médias subissent de profonds changements et où les demandes du public sont de plus en plus diversifiées ». M. Cai Mingzhao qui est également président de l’agence de presse chinoise, a indiqué que le développement rapide des réseaux d’information et de la technologie numérique accélère une révolution dans la communication de masse et a entraîné la naissance de défis sans précédent pour les organismes de presse traditionnels à travers le monde.

« Internet, tout en apportant des défis, a ouvert une nouvelle porte », a-t-il affirmé, ajoutant que les avantages des organismes de presse professionnels sont « remarquables » et « irremplaçables ».

« La situation de l’environnement des médias devient plus en plus grave », a indiqué Masaki Fukuyama, président et rédacteur en chef de Kyodo News, faisant écho aux propos de M. Cai. « C’est une opportunité très importante pour chaque organisme médiatique afin d’échanger des opinions au sujet de cette situation ».

Gary Pruitt, président et PDG d’Associated Press, a également souligné l’importance d’un tel rassemblement des médias du monde entier dans les circonstances actuelles.

« C’est un rassemblement important des médias du monde avec un accent mis sur l’avenir des nouvelles, et sur la manière dont nous pouvons relever les défis du marché », a-t-il déclaré.

« La manière de distribuer la presse, ainsi que le public, ont changé aujourd’hui, et c’est la réalité à laquelle nous devons faire face », a confié M. Pruitt ».

Cet effort à se réunir et s’entendre entre les principaux organismes de presse dans le monde tranche avec l’égoïsme de classe qui habite les médias et presses de La Reunion qui pensent pouvoir s’en sortir individuellement. Sur ce point, comme sur l’ensemble des problèmes majeurs que connaît notre pays, nous appelons constamment à l’échange sur l’essentiel.

Nous répétons, Oui, il y a la place pour une expression plurielle et diversifiée, à La Reunion, mais il faut s’entendre sur les modalités. Le pire serait de toujours rechercher des solutions à l’extérieur pour tenter de tuer l’autre en interne, en oubliant que sans l’autre on se coupe une patte. Le silence du JIR sur son avenir et la solution consistant à licencier n’est pas bonne. Tout a été fait pour étrangler Témoignages en le privant des annonces classées et commerciales. Cela n’a pas sauvé le JIR qui pensait qu’en publiant dans notre journal, l’annonceur enrichirait le PCR.

La rencontre de Doha montre qu’il faut sortir du manichéisme pour assumer la responsabilité sociale et politique de la presse. Il n’y a pas de presse innocente. Dès les premiers jours de la crise du JIR, nous avons proposé publiquement des échanges qui ne sont jamais venus. Pourquoi un tel manque de vision d’avenir et d’audace ? Puisse le 3e SMM de Doha illuminer les sectaires de tout bord ? L’avenir de la presse et des organismes de presse doit être une préoccupation politique centrale si l’on souhaite avoir une opinion éclairée.

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