Edito

L’avenir des pays d’outre-mer, comme devoir de vacances ?

Ary Yée Chong Tchi Kan / 29 juillet 2016

Dans l’édition de Témoignages d’hier, nous avons invité les journalistes à s’interroger pourquoi le PCR est le seul parti qui débat de l’avenir de La Réunion ? Dès sa fondation en 1959, il s’est donné pour mission le développement du pays et l’épanouissement de ses habitants. D’autres ont pensé qu’il fallait lui barrer la route, voire le détruire, parce que leur carrière personnelle était plus prioritaire. Ils n’ont pas lésiné sur les moyens. Pour quel résultat ? En fait, ils ont réussi à repousser l’échéance d’une société en déclin et qui nécessite un grand changement. Mais les réalités sont là, cruelles, si bien que le gouvernement avance aujourd’hui le mot d’ordre d’égalité réelle à la place du mot d’ordre électoral de la mandature qui s’achève : “le changement, c’est maintenant”. Sur ce sujet, les adversaires du PCR ont brillé par leur silence. Ils ont totalement abandonné les Réunionnais à leur sort.

Pourtant, l’histoire réunionnaise nous enseigne qu’en 1794, des Réunionnais ont empêché le débarquement des Républicains venus annoncer l’abolition de l’esclavage qui sévit depuis plus d’un siècle. La deuxième abolition a eu lieu en 1848. Les adversaires de la libération des Réunionnais ont fait reculer l’échéance mais ils n’ont pas réussi à stopper le vent de l’histoire sociale et humaine. Reste qu’on aurait pu abréger 54 ans de souffrance supplémentaire, d’inhumanité. En 2012, François Hollande a été élu sur l’engagement “le changement, c’est maintenant”. Près de 3 quarts des électeurs lui ont fait confiance, à La Réunion. Preuve que c’était un sentiment profond, dépassant largement le potentiel électoral de la gauche traditionnelle.

Or, la gauche et la droite se partagent le pouvoir en France depuis 1981, soit 35 ans. Le projet d’Egalité réelle était l’occasion d’un grand débat entre Réunionnais pour examiner les conditions de sortie de la crise structurelle qui sévit depuis 70 ans. Il y a 2 semaines, le CESE et le CESER ont réclamé cette concertation. Le gouvernement va-t-il en tenir compte et laisser ouverte l’option spécifique d’un projet pays par pays ? L’examen d’un dossier aussi important qui engage les pays d’outre-mer pour 20 ans, le jour du grand départ en vacances, est assez inquiétant.


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