Edito

L’aventure ukrainienne de l’OTAN coûtera-t-elle 10 milliards de plus au contribuable ?

J.B. / 7 janvier 2015

En France, l’armée utilise un avion appelé Rafale. Construit par Dassault, il a une différence de taille par rapport à ses prédécesseurs : il n’est pas exporté. Ce n’est pourtant pas faute d’essayer. Les présidents de la République qui se succèdent doivent se transformer en commerciaux pour tenter de placer ce matériel.
Les marchands d’arme français avaient dans le passé fourni les aviations du Moyen-Orient, en particulier l’Irak dirigé alors par Saddam Hussein. C’était avec les Mirage. Mais pour le Rafale, l’armée française est le seul client.

Pendant plusieurs années, le Brésil avait semblé être intéressé. Les négociations entre Sarkozy et Lula ne pouvaient que déboucher sur une issue favorable pour les intérêts français. Mais Lula n’avait pas manqué de dire que la décision allait être prise par le prochain chef d’État brésilien. Une fois les élections passées, le gouvernement de Dilma Roussef a préféré acheter un avion suédois.
Aujourd’hui, c’est vers l’Inde que reposent les derniers espoirs des marchands de canon français. Le mois dernier, le ministre de la Défense était en Inde pour faire avancer le dossier. Les négociations portent sur 126 avions, pour un montant de plus de 10 milliards d’euros. L’Inde avait fixé une condition : seuls 18 avions devaient être construits en France, les 108 autres seraient made in India, avec tout le transfert de technologie que cela implique. De plus, Dassault resterait responsable du calendrier de livraison de l’entreprise indienne Hindustan Aeronautics Limited.

Mais les discussions s’éternisent. Si les Français refusent que les avions sortent des chaînes indiennes, alors tout sera remis en cause. Rappelons que prétextant la crise ukrainienne, la France refuse de livrer des bateaux achetés et payés par la Russie.
De plus, en décembre dernier, Vladimir Poutine était en visite en Inde. Il a annoncé que dans le domaine des armes, Russie et Inde pourraient devenir co-producteurs au lieu d’avoir une relation de fournisseur à client. Cela ouvrirait la voie à des programmes communs entre ces deux grands pays émergents.
Du coup, une alternative est évoquée : la fabrication d’avions russes dans des usines indiennes plutôt que l’achat du Rafale. Conséquence : les Français pourraient bien se retrouver avec des avions en surplus. Difficile de croire qu’ils ne seraient pas achetés par l’armée et donc que seraient dépensés pour eux des sommes considérables en pleine période d’austérité. Conséquence de l’aventure ukrainienne de l’OTAN : 10 milliards d’euros à la charge du contribuable ?


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