Edito

L’échec de l’option militaire

J.B. / 8 juillet 2011

Après les Pays-Bas qui ont rapatrié leurs militaires l’an dernier, c’est au tour du Canada d’évacuer ses soldats d’Afghanistan, ils étaient 3.000 à participer à la force d’occupation. Cette annonce de retrait intervient quelques semaines après celle des États-Unis, suivie le lendemain par celle de la France, puis par l’Allemagne. Les armées de l’OTAN décident donc de quitter l’Afghanistan alors que les raisons invoquées pour justifier leur implication sont toujours là. C’est en effet toujours la guerre civile, les Talibans sont toujours présents, la situation est loin d’être stabilisée.

Ce retrait, c’est la preuve de l’incapacité de la solution militaire pour régler la situation. Au moment des premiers bombardements en octobre 2001, voici bientôt 10 ans, l’objectif était d’apporter la démocratie à l’occidentale dans les valises des troupes d’occupation. Chacun a pu constater combien en Afghanistan la dernière élection présidentielle a été marquée par la fraude. Le président sortant soutenu par l’OTAN s’est d’ailleurs retrouvé seul au second tour, car aucun autre candidat ne voulait cautionner une mascarade.
Cette intervention militaire s’est doublée d’une diabolisation de l’islam.
Mais depuis la fin de l’année dernière, la population se soulève dans plusieurs pays musulmans pour demander un régime démocratique.
Ces mouvements ont réussi à renverser des dictatures en Tunisie et en Égypte, sans qu’il y ait une intervention militaire de l’Occident. Ce n’est pas le cas Libye, où la France a entraîné d’autres pays dans une option militaire totalement contraire à ce qui se passe ailleurs. La volonté d’imposer une "démocratie" par les bombes ne passe pas. Beaucoup de dégâts sont commis pour mettre en place un gouvernement fantoche, sur le modèle de ce qui s’est passé en Afghanistan.

Conclusion : là où l’Occident est intervenu, c’est l’échec ; là où les peuples ont réussi à obtenir le changement, l’OTAN était absente. C’est ce que l’Histoire retiendra. S’abstenir d’intervenir directement dans les affaires des peuples, mais accompagner leurs choix, voilà sans doute où l’intervention des Occidentaux serait la plus efficace.

J.B.


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