Edito

L’économie de la France risque d’entrer en récession Est-ce que c’est grave docteur ?

J.B. / 19 novembre 2011

Cela veut dire que la croissance du PIB est négative, en particulier, sous l’effet d’investissements insuffisants. En un mot, la France s’appauvrit. C’est déjà le cas pour l’économie réunionnaise depuis 2 ans. Comment Sarkozy et l’UMP ont conduit nos pays à cette extrémité ?

Après l’effondrement de la banque Américaine Lehman Brothers, en 2008, le monde entier découvre une grande supercherie. Les banques se créaient généreusement de la valeur en se vendant des titres d’endettement des ménages américains. Au passage, elles gratifiaient leurs agents fossoyeurs de faramineux dividendes.

Un jour les ménages endettés n’arrivent plus à rembourser, et tout ce beau montage finit par s’effondrer, entraînant dans une crise banques et assurances qui avaient misé sur ce jeu séduisant. Le gouvernement américain a laissé tomber cette banque prestigieuse qui a fait faillite. Mais, comme dans un corps gangrené, l’ensemble du système était déjà contaminé par ces « dettes toxiques », surtout les banques européennes, plus gloutonnes que les autres. L’Histoire dira si le mécanisme procédait d’une stratégie que mènent les Américains contre l’Euro dans l’impitoyable guerre des monnaies pour conserver le leadership du dollar. On a du mal à imaginer que tout ce vol se passait dans l’ignorance des pouvoirs.

Face à cette crise qui est partie des États-Unis, une réunion mondiale conclut au chacun pour soi. L’Union européenne agit de même avec ses membres. La France va utiliser les fonds publics pour financer les erreurs des banques à se débarrasser de leurs dettes toxiques. Ainsi, l’endettement des banques contaminées est transféré à l’État qui n’avait rien à voir avec ce véritable hold-up en bandes organisées, qui relève du grand banditisme.

Le gouvernement aurait pu dire aux banques de trouver la solution entre elles. Elles sont quand même responsables de cette crise. Il a préféré se montrer généreux envers ses amis de classe. Il aurait pu demander aux Américains de reconnaître leur responsabilité et faire jouer les assurances. Sinon, à quoi servent-elles ? Dans tous les cas de figure, au final, la solution responsable conduisait aux États-Unis.

À un moment, Sarkozy avait fait sienne l’idée majoritairement avancée dans le monde entier qu’un seul pays ne peut pas diriger le monde et son système monétaire et financier. Une façon de souligner le rôle des États-Unis. Pourquoi Sarkozy a-t-il reculé à Londres, le 2 avril 2009 ?

Dès ce moment, les États-Unis avaient réussi la sauvegarde du système. Dans la foulée, ils lancèrent une opération séduction de 700 milliards de dollars pour calmer les marchés financiers. Pendant ce temps, les pays européens cherchaient une solution. Face à la puissance américaine, l’Europe avance le chacun pour soi. Deuxième erreur fatale. Désormais, il ne reste au président français que son pré carré. Il se construit une spécialité : tondre les citoyens pour faire plaisir aux agences de notation… américaines !

Objectivement, voilà le résultat de toutes les gesticulations médiatiques de Sarkozy depuis que l’affaire a éclaté, au début de son mandat. Mais, Obama n’a pas oublié les propos et attitudes condescendantes du président français à l’égard de son pays et de lui-même. À Cannes s’est joué le film “La fin de celui qui voulait diriger le monde”. Incapable de formuler un mot d’ordre rassembleur, lors du G20 de Londres. Incapable d’avancer une solution unificatrice pour l’Europe, Sarkozy a été tétanisé au G20 de Cannes ! La conférence de presse entre Obama et lui a été une tragique erreur de casting : il résumait 4 ans de lutte d’influence personnelle entre les 2 hommes sur les affaires mondiales. Manifestement, Obama a appris à connaître la psychologie du Français. Toute la puissance de l’un et la faiblesse de l’autre se trouvent dans l’image des 2 présidents, côte à côte.

Quand Sarkozy arrive au pouvoir, la France était le deuxième pays pour l’accueil des IDE (investissements directs étrangers), le premier pour l’accueil des touristes étrangers. En faisant payer le déficit budgétaire sur le dos des travailleurs et de la couche moyenne, il a vidé la poche des consommateurs. Les Français n’ont plus d’argent à dépenser, les étrangers n’accordent plus leur confiance : la combinaison des 2 phénomènes conduit inexorablement à la récession.

Après les deux démissions en Grèce et en Italie, le troisième est déjà programmé. C’est grave !

J.B.


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