Edito

L’entêtement est mauvaise conseillère

J.B. / 6 juin 2013

Un mois avant la Fête des Mères, les travailleurs de Carrefour Sainte-Suzanne se mettaient en grève. Dans la même période, la direction de la SERMAT annonce 19 licenciements, les travailleurs portuaires bloquent le Port. Au milieu du mois de mai, c’est l’entreprise SEPUR qui est paralysée. Chaque manifestation sociale possède ses caractéristiques propres, mais des leçons peuvent être retenues. À chaque fois, les désagréments s’enchaînent. Tout s’arrête dès que la direction négocie sérieusement.

Après les 2 premiers cas, les syndicats, notamment, la CGTR et CFDT, ont constaté que les grèves s’étaient durcies, traînaient en longueur et que les directions des entreprises tentaient s’en sortir en recherchant la complicité de l’appareil judiciaire pour mater les grévistes, au motif qu’il y a des entraves. Les syndicalistes attiraient l’attention sur le mauvais calcul du patronat à continuer pareilles aventures. La grève en cours à la CILAM illustre parfaitement ce constat. L’appareil judiciaire donne raison au patronat, mais l’initiative renforce la détermination des travailleurs.

La direction de la CILAM a trouvé un autre subterfuge : il monte les agriculteurs contre les travailleurs. L’un d’eux, adhérent à la SICA Lait finit par déverser une citerne de lait devant l’usine. Cette initiative a créé une grande émotion dans une île où la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté et a du mal à joindre les deux bouts. Ces excès sont dérisoires, car il faudra bien revenir à la table de négociation. À Carrefour, tous les magasins de la galerie marchande avaient subi d’importantes pertes. Au Port, c’est toute l’économie de l’île qui a été affectée. Mais, jamais, on avait atteint ce degré de tension.

Cette tension ne va pas s’arrêter. Le contexte de dégradation sociale est un facteur aggravant. Les dirigeants du PCR l’avaient anticipé lors du meeting de soutien aux grévistes de la SERMAT, sur le quai. Ils ont appelé à l’ouverture d’un dialogue franc et massif. L’entêtement de la direction de CILAM va conduire à l’organisation de solidarités actives envers les travailleurs grévistes. La preuve, Renault a pris le relais et cela ne va pas s’arrêter.

J.B.


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