Edito

L’équivalent du tiers de La Réunion parti en fumée en 4 jours

J.B. / 6 mai 2016

85.000 hectares sont déjà partis en fumée au Canada à cause d’un gigantesque feu de forêt. Une ville de plus de 80.000 habitants a été évacuée, 1.600 maisons ont brûlé. Au total, 100.000 personnes ont été priées de quitter leur foyer. Seule la pluie pourrait juguler l’incendie estime un expert. Le changement climatique favorise ce genre de catastrophe.

Depuis dimanche, un feu de forêt dévaste l’Alberta, un État canadien. La catastrophe se déroule dans la région d’extraction des sables bitumeux, une importance source de pétrole. Face à la rapidité de la progression des flammes, Fort Mc Murray, une ville de plus de 80.000 habitants a dû être évacuée. 1.600 maisons ont déjà brûlée. Pour le moment, l’incendie ne faiblit pas, malgré les efforts des pompiers.

Interrogé par Radio Canada, Tom Burton, spécialiste des feux de forêt, affirme que « Peu importe l’importance des ressources déployées, je ne pense pas qu’on puisse éteindre ce feu ». « Le feu crée tellement de chaleur et de mouvement, a-t-il dit, que c’est comme s’il créait sa propre énergie », a-t-il poursuivi. Le feu est si puissant qu’il a formé dans l’atmosphère un énorme nuage constellé d’éclair.

Hier, 850 kilomètres carrés étaient déjà réduits en cendres. Le vent a favorisé la propagation des flammes.

Sur le même média, Sylvie Gautier, chercheuse scientifique au Service canadien des forêts de Ressources naturelles Canada, montre du doigt changement climatique. Ces feux font partie du cycle de régénération de la forêt boréale. Mais le rythme naturel était plus lent. « On avait des intervalles naturels de 85 ans, si on descend à 40, 50 ans d’intervalle, la forêt n’a pas le temps de renouveler son stock de graines, donc il n’y aura pas assez de jeunes arbres pour régénérer la forêt. »

Or la forêt boréale a un rôle important dans le climat à l’échelle du monde. La répétition de feux tels que celui de Fort Mc Murray pourraient encore accélérer la crise écologique, avec des bouleversements dans la circulation de l’air et de l’eau.

Le Canada fait face à une catastrophe d’une ampleur inattendue. Il a fallu rechercher en urgence de quoi héberger du jour au lendemain l’équivalent d’une ville comme Saint-Paul. De nombreux automobilistes sont tombés en panne d’essence en fuyant le sinistre, ce qui a encore compliqué la situation. Le Canada dispose d’importants moyens de lutte face aux incendies et qui peuvent se déployer instantanément. Malgré cela, le feu reste hors de contrôle. Un tel danger est présent à La Réunion. Le changement climatique apporte en effet son lot de sécheresses. D’où l’importance d’agir vite pour éviter la catastrophe.


Kanalreunion.com