Edito

L’espoir, c’est le PCR

Témoignages.re / 18 mai 2012

Depuis mars 2010, La Réunion est touchée par une succession sans précédent de catastrophes : arrêt de la MCUR, du tram-train et de la géorthermie, remise en cause du projet de route du littoral, coup d’arrêt au photovoltaïque, baisse considérable de la construction de logements.
À cela s’ajoute désormais Air Austral. La compagnie réunionnaise sera ramenée 10 ans en arrière si le projet présenté mercredi est appliqué. En effet, elle ne desservirait plus que les aéroports de notre région et Paris. 10 ans de travail sont mis à terre et cela ne serait qu’un début… le recul serait sans doute encore plus important si jamais le prix du pétrole et la parité euro/dollar évaluaient défavorablement. Ce sont précisément deux facteurs sur lesquels les Réunionnais n’ont aucun moyen de peser, et la tendance actuelle ne favorise pas une baisse du prix du pétrole, tandis que l’euro continue de s’affaiblir face au dollar.

Mais qui sont les bénéficiaires d’une telle politique de démolition ? Pas les Réunionnais, c’est certain. Le nombre de chômeurs a augmenté très nettement, plus de 153.000 Réunionnais sont inscrits à Pôle emploi, c’est du jamais vu.
Mais d’autres profitent de ces mesures. L’arrêt du tram-train électrique garantit aux compagnies pétrolières le prolongement de leur monopole dans le pays. Elles seules fournissent en effet l’énergie pour les déplacements à l’intérieur de notre île. Ces compagnies n’ont pas leur centre d’intérêt à La Réunion.
Les coups portés aux énergies renouvelables assurent également des perspectives aux vendeurs de charbon et de pétrole, ainsi qu’aux exploitants des centrales fonctionnant avec ces énergies fossiles. Ces sociétés n’ont pas leur centre d’intérêt à La Réunion.
Quant à Air Austral, son retour 10 ans en arrière a un bénéficiaire clairement identifié par le quotidien en ligne des professionnels du tourisme : Air France. Il suffit de comparer le nombre d’emplois créé à La Réunion par Air Austral et par Air France pour déduire que cette dernière n’a pas son centre d’intérêt à La Réunion.

Ces trois exemples sont la concrétisation d’une décision politique : créer les conditions de l’élection de l’UMP Didier Robert à la présidence de la Région plutôt que celle de l’Alliance conduite par Paul Vergès. Les responsables de ce choix sont aujourd’hui face à une réalité : ils sont totalement désavoués par le nouveau président de la République car François Hollande s’est en effet engagé à relancer des projets stoppés par Didier Robert. Voilà qui montre bien que le changement, c’est avec le PCR et pas avec ceux qui ont favorisé la crise parce qu’ils ne veulent rien changer. L’espoir, c’est le PCR.

J.B.


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