Edito

L’État islamique menace l’Italie : « nous sommes au sud de Rome »

J.B. / 19 février 2015

La semaine dernière, l’État islamique a diffusé de nouvelles menaces dans une vidéo. Des extrémistes basés en Libye lancent un avertissement : « nous sommes au sud de Rome ». L’État islamique a fait récemment connaître son action en Libye en diffusant des images du meurtre de plus de 20 otages égyptiens. Il a donc réussi à prendre pied dans un pays plongé dans le chaos depuis plusieurs années. Les points communs avec l’Irak sont nombreux.

En effet, voyant que les mensonges les plus sophistiqués n’arrivaient pas convaincre les Nations Unies de déclarer la guerre à l’Irak, Bush est parti à l’aventure entraînant quelques pays de l’OTAN. Il n’a fallu que quelques semaines pour envahir un pays ravagé par plusieurs années de blocus. Washington a alors installé un gouverneur militaire, et a fait main basse sur les richesses du pays. L’épisode du ministère du Pétrole épargné par les bombes était révélateur.
Depuis cette invasion, l’Irak est plongé dans la guerre civile. Les attentats à la bombe sont quotidiens. Le retrait officiel de l’OTAN n’a pas rétabli le calme. D’anciens alliés de Washington occupent en effet une grande partie de l’Irak, dont Mossoul, la seconde vie du pays. Voyant qu’ils n’arrivaient pas à renverser le gouvernement syrien, ils se sont tournés vers l’Irak et s’y sont taillés un fief. Ils y ont proclamé un État islamique qui remet en cause les frontières tracées par les Britanniques et les Français au lendemain de la Première guerre mondiale.
Maintenant, les bombes de l’OTAN ne visent plus le laïc Saddam, mais une organisation de djihadistes bénéficiant du soutien d’une partie de l’armée irakienne de l’ancien régime.
Les combats sont arrivés à la frontière de la Turquie, un pays de l’OTAN.

La Libye a subi le même sort que l’Irak : un pays totalement déstabilisé à la suite d’une offensive militaire de l’OTAN. Le pouvoir central a perdu toute autorité sur des régions entières du pays. Les conditions sont donc favorables pour les extrémistes. Et maintenant, ils défient ouvertement un pays de l’OTAN. Les côtes libyennes sont à 500 kilomètres de la Sicile. Lampedusa est encore plus proche.
À quelques milliers de kilomètres à l’Ouest, un reportage de France 24 a montré que les djihadistes gagnent en influence à Ceuta, une enclave espagnole en Afrique, juste en face de Gibraltar.

10 ans après que l’OTAN ait lancé l’offensive contre le Moyen-Orient, la guerre est maintenant aux portes de l’Italie et de l’Espagne. Qui aurait pu penser à un tel effet boomerang au moment où Bush a appuyé sur le bouton ?


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