Edito

L’Europe en état de vigilance

J.B. / 21 mars 2014

L’Ukraine prépare l’évacuation de ses 25.000 soldats stationnés en Crimée. C’est le signe d’un retrait du nouveau pouvoir à Kiev suite au référendum organisé dimanche dernier dans la République intégrée à l’Ukraine depuis l’indépendance de cette dernière en 1991.
De là à dire que Kiev se plie au fait accompli, c’est un pas qu’il est difficile de franchir. Car les alliés occidentaux du nouveau pouvoir ukrainien ne baissent pas la garde.

Ainsi pendant deux jours, Joe Biden, vice-président US était en visite en Europe. Le numéro 2 des États-Unis a voyagé en Pologne, en Lituanie, en Lettonie et en Estonie. Ces trois derniers pays faisaient partie de l’URSS et sont devenus membres de l’OTAN, au même titre que la Pologne, peu après leur indépendance. La visite de Joe Biden avait pour but de rassurer les alliés de Washington. Liant les actes aux paroles, Washington a déployé des avions de combat en Pologne, et aussi en Lituanie.
Cette visite n’a pas du tout perturbé la procédure à Moscou. Le Parlement russe a voté hier une loi faisant de la Crimée une partie du territoire de la Russie.

Pour sa part, l’OTAN a décidé de revoir sa stratégie. Très inquiétant est ce qui a fuité d’une réunion mercredi à Washington entre des responsables US et le secrétaire général de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord. Ce dernier accuse la Russie de vouloir redessiner la carte de l’Europe, d’enterrer le droit international, et de provoquer la pire crise depuis la Guerre froide.
Sous couvert d’anonymat, des officiels présents à cette rencontre ont dit en substance à Reuters : « alors qu’un conflit majeur en Europe reste très peu probable, il n’est plus impensable ».

L’élément déclencheur de cette crise a été une divergence de vue sur l’avenir de l’Ukraine. Après maintes discussions, son gouvernement a souhaité se tourner davantage vers la Russie que vers l’Union européenne. Deux mois après avoir signé un accord avec la Russie, il a été renversé par un coup d’État parti de manifestations sur la place Maidan à Kiev. Le nouveau pouvoir tente un virage à 180 degrés vers l’UE sans attendre la tenue d’élections. C’est là que la Crimée, région où les Russes sont majoritaires, fait sécession et demande son rattachement à la Russie. La tension monte, et le risque d’un dérapage se rapproche. Il est plus qu’urgent que tout le monde se retrouve pour négocier afin de trouver une issue politique à cette crise qui a maintenant largement dépassé les limites de la place Maidan.

 J.B. 


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