Edito

L’extrême droite programme la ruine des travailleurs réunionnais au profit du grand capital de France

Témoignages.re / 1er décembre 2016

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Au cours de ces trois journées à La Réunion, Marine Le Pen a donné quelques éléments du programme que son parti compte appliquer si jamais il arrivait au pouvoir. Plusieurs sont révélatrices.

Marine Le Pen veut maintenir l’octroi de mer tout en le réformant. Elle veut que les produits venant de France en soient totalement exonérés. Ce faisant, l’idée est de faire sauter la derrière protection de la production réunionnaise face à la concurrence d’un des pays les plus industrialisés du monde.

L’objectif est clair. Il s’agit de favoriser les intérêts des capitalistes français afin qu’ils puissent capter le maximum des sommes obtenues par les Réunionnais au nom de l’égalité sociale. Dans les conditions actuelles, la concurrence de la France a déjà entraîné la fermeture d’usines et la suppression d’emplois. Les Réunionnais ont encore en mémoire la casse de la SIB. La filiale française de Colgate-Palmolive a en effet estimé qu’elle pouvait faire plus de profit en fabricant en France les produits qu’elle vend à La Réunion, plutôt que de les produire sur place pour les écouler dans notre île. Les travailleurs avaient le choix entre le chômage, une proposition d’emploi en France ou en Inde. Des dizaines de familles ont subi les conséquences dramatiques d’une telle décision.

Un exemple concret de cette réforme de l’octroi de mer serait l’arrivée massive à La Réunion de sucre produit en France à un prix défiant toute concurrence. En effet, avec la fin des quotas sucriers, les industriels pourront produire sans limite. La dernière étude de l’IEDOM rappelle que l’écart de coût de production entre le sucre de betterave français et le sucre de canne réunionnais est de 40 % au détriment de nos usines. Sans mesure protectrice, le sucre réunionnais pourrait donc ne plus trouver d’acheteur à La Réunion, à cause de la concurrence du sucre de betterave produit en France. Ces faits montrent bien que l’extrême droite ne veut pas défendre les planteurs réunionnais.

Autrement dit, l’extrême droite française promet donc de ruiner ce qui reste de l’économie réunionnaise pour satisfaire les profits des grands patrons de France. Ce n’est guère étonnant, l’extrême droite a toujours été au service du grand capital, jamais des travailleurs. C’est cette politique qu’elle avait mise en place quand elle était au pouvoir en France entre 1940 et 1945. À la Libération, le peuple avait réparé ce désastre grâce à l’application du programme du Conseil national de la Résistance. Aujourd’hui, l’extrême droite veut prendre sa revanche en faisant payer les Réunionnais, car notre île est l’exact contre-exemple de cette idéologie sortie d’un passé que l’on croyait révolu.

J.B.


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