Edito

L’impact de la crise sur La Réunion

LB / 7 mai 2010

Nous n’avons pas fini de tirer des enseignements de la crise financière internationale et de son impact sur La Réunion car cette crise va continuer à s’aggraver tant que l’on ne s’attaquera pas à ses causes fondamentales. Ce qui est loin d’être le cas pour l’instant du côté de ceux qui dirigent le système économique planétaire.
Un des multiples effets de cette crise dans notre île concerne l’évolution de l’euro, avec ses conséquences sur le prix du pétrole. En effet, on sait que les acheteurs européens du pétrole doivent payer celui-ci en dollar ; et comme la valeur de la monnaie européenne est en train de chuter par rapport à celle du dollar, la facture des carburants pétroliers va automatiquement augmenter. Jusqu’à combien ? On ne le sait pas.

Un économiste notait récemment que « la facture énergétique va mécaniquement remonter. En effet, la France achète son pétrole en dollar et comme le billet vert s’apprécie, la note sera plus élevée ». La semaine dernière, le directeur général du groupe pétrolier Total a souhaité que l’euro enraye sa baisse par rapport au dollar, ce qui a un impact direct sur le prix du carburant à la pompe et pénalise les consommateurs. « L’euro a beaucoup plus baissé que le baril est monté et c’est cela qui véritablement fait monter le prix à la pompe », a-t-il indiqué.
Dans un communiqué publié le 16 avril dernier à La Réunion pour justifier la décision du préfet d’augmenter les prix des carburants, celui-ci disait que « les cours mondiaux du pétrole ont enregistré des hausses continues depuis plusieurs mois ». Et il ajoutait : « Ces hausses sont amplifiées par la dépréciation de l’euro par rapport au dollar ».

Il est difficile de savoir jusqu’où ira cette dépréciation mais ce qui est sûr c’est que plus l’euro sera faible par rapport à la monnaie US, plus on va payer cher le pétrole et ses carburants. Surtout si la priorité pour l’État est le profit des pétroliers plutôt que le pouvoir d’achat des plus pauvres.
Tout cela renforce notamment la nécessité de développer la production d’énergies renouvelables et de réaliser au plus vite l’autonomie énergétique de notre île, programmée par l’Alliance d’ici 15 ans. Cela renforce aussi la nécessité de réaliser d’urgence le tram-train, qui est un moyen indispensable du développement durable de La Réunion. Voilà ce que doit faire la Région.

L. B.


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