Edito

L’impasse des énergies fossiles

J.B. / 17 mars 2014

En France, un épisode climatique exceptionnel est à l’origine d’une décision très rare. Aujourd’hui, la moitié des automobiles seront interdites de circulation dans les départements de Paris, de Seine-Saint-Denis, du Val de Marne et des Hauts de Seine. Seule pourront rouler les voitures dont la plaque d’immatriculation se termine par un numéro impair. C’est une décision annoncée par le Premier ministre qui l’explique en ces termes :

« Le gouvernement a mis en place depuis le début de la semaine les mesures proportionnées pour lutter contre l’épisode de pollution atmosphérique sur l’ensemble des régions concernées : incitations à la limitation de l’usage des véhicules, réduction des vitesses de circulation, limitation des activités industrielles et agricoles les plus polluantes, gratuité des transports en commun. (…) les prévisions font apparaître une remontée de la pollution à compter de dimanche soir et pour les journées de lundi et mardi.
Le Premier ministre, après consultation des ministres chargés de l’écologie, de la santé, de l’intérieur et des transports, a décidé la mise en place à Paris et dans la petite couronne du dispositif de circulation alternée à compter de lundi 17 mars 5H30. Ce dispositif sera confirmé lundi matin pour la journée de mardi en fonction de l’évolution de la situation. »

Ce phénomène est favorisé par plusieurs facteurs climatiques, comme des températures largement supérieures aux moyennes saisonnières et l’absence de vent.
A six jours d’une élection, le gouvernement est obligé de prendre une mesure impopulaire. C’est une question d’urgence sanitaire car la pollution tue. L’an dernier, une étude avait souligné les dangers mortels des rejets des moteurs diesel. Cette fois, c’est le climat qui agit comme un accélérateur de pollution.

Ceci rappelle une fois de plus l’impasse du modèle. Car avec le changement climatique que les activités humaines ont accéléré, les vagues de chaleur pourront être plus fréquentes, ce qui fera augmenter le nombre de journées concernées par les pics de pollution.
Dans cette impasse, La Réunion est malheureusement dans le peloton de tête, avec un projet de route en mer destiné à favoriser la croissance du parc automobile, et donc de la pollution.

J.B.


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