Edito

L’inconscience des riches

LB / 24 novembre 2009

Depuis la fin de la semaine dernière, les scientifiques et les médecins du monde entier sont attentifs à l’alerte lancée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) sur la mutation du virus de la grippe A (H1N1) dans plusieurs pays. Selon l’Institut de Santé Publique de Norvège, qui est le dernier pays cité, cette mutation « pourrait éventuellement provoquer une maladie plus grave » en infectant les tissus respiratoires plus en profondeur que d’habitude.
D’après le dernier bilan de l’OMS publié vendredi, le virus a déjà fait environ 6.750 morts, soit environ 500 de plus en une semaine. Et pour faire face au risque d’aggravation de la pandémie en raison de la mutation du virus, l’organisation internationale préconise un plan de prévention, chaque pays assumant ensuite ses responsabilités.

On ne peut que se féliciter de cette solidarité mondiale et des mesures anticipatrices prises face à un tel problème. Mais l’on se met aussi à rêver : et si l’on adoptait une telle position face à d’autres fléaux, encore plus mortels, qui frappent une grande partie de l’humanité ?
La semaine dernière, nous avons déjà souligné la gravité de ce qui s’est passé les 16 et 17 novembre à Rome, au Sommet mondial de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), boycotté par les dirigeants des pays les plus riches. Résultat : l’appel de Jacques Diouf, directeur général de la FAO, à trouver 44 milliards de dollars par an pour l’agriculture dans le monde afin d’éradiquer la malnutrition d’ici 2025 n’a pas été entendu.

Or, 365 milliards de dollars sont versés chaque année aux agriculteurs des pays riches.
Et au moment où un enfant meurt de faim toutes les 6 secondes, des centaines de milliards de dollars sont consacrés à des dépenses militaires afin d’essayer de maintenir en place ce système criminel et barbare, qui fait que 20% de l’humanité s’accapare par la force 80% des richesses.
Est-ce parce que les riches risquent d’être atteints comme les autres par le virus H1N1 qu’ils s’y intéressent davantage qu’à la faim dans le monde ? Le refus de mettre en place un partage équitable des richesses à La Réunion et sur Terre est-il uniquement le fruit de l’inconscience des riches ?

L. B.


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