Edito

L’inconscience des traitres

J.B. / 20 janvier 2012

La semaine dernière, l’agence de notation S&P avait dégradé la note de la France et celle de 8 autres pays européens. C’était la douche froide pour Sarkozy et l’UMP qui avait fait l’éloge de la bonne note française. Deux jours après, ce fut le tour du FESF (Fonds européen de stabilité financière). Et maintenant, ce sont les entreprises publiques et les collectivités qui trinquent. En l’état, personne ne peut plus nier les conséquences en cascade provoquées par les décisions de ces agences.

Il n’y a qu’à La Réunion où l’action politique n’est pas l’analyse de cette situation préoccupante et la recherche de solutions concrètes, mais la trahison ! D’abord, trahir le peuple ! Ensuite, trahir le PCR ! Enfin, se trahir soi-même. En 2011, en célébrant l’Année d’Elie, on s’est beaucoup penché sur la trahison de Figaro et son héritage dans la classe politique réunionnaise. Pourquoi, pour un poste d’élu, certaines personnes sont prêtes à tout, y compris salir leur honorabilité ?

Le point central entre les Figaro d’hier et ceux d’aujourd’hui, c’est l’absence de sentiment collectif et de responsabilité commune. C’est aussi le manque de discernement entre l’avenir et l’immédiat. Il est clair que Figaro ne pensait qu’à lui. L’abolition de l’esclavage a montré qu’il y avait bien une réponse collective. La trahison a retardé la décision collective qui aurait permis de sauver les victimes.

En ce moment, la dégradation de la note du FESF, spécialement créé pour venir en aide aux pays de la zone euro lourdement endettés, braque les regards sur les pays non dégradés qui sont appelés à contribuer davantage dans le Fonds de solidarité. Il s’agit en particulier de l’Allemagne, la Finlande, le Luxembourg et les Pays-Bas. Mme Merkel a répondu clairement que, pour l’Allemagne, ce sera NON ! Elle rappelle que son pays est le premier contributeur avec 211 milliards sur les 440 milliards d’engagements. Plus que la dégradation de la note française, cette décision est le signe qu’une situation politique nouvelle est née. Un effort de réflexion est donc nécessaire. Celui-ci dépasse toute la vanité qu’on peut espérer tirer d’un statut d’élu ou des émoluments et des apparats liés à la fonction.

Le peuple réunionnais souffre, en ce moment ; il va souffrir davantage. Les traitres vont se multiplier, car ils sont incapables d’imaginer une solution collective et solidaire. L’abolition de l’esclavage a montré que, quelle que soit la dureté des réalités, la libération de 60.000 esclaves a été possible. Figaro restera pour l’Histoire comme un traitre… mais il aura eu les honneurs de son époque. Pouvait-il penser que 100 ans après, on parlerait encore de lui et de ses prouesses ? N’est-ce pas là l’inconscience des traitres ?

J.B.


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