Edito

L’inégalité face à la vie chère

J.B. / 21 septembre 2016

25 % des dépenses des plus pauvres consacrées en moyenne à l’alimentation, et toute augmentation de revenu sera d’abord destinée à l’alimentation. C’est ce qu’indiquent les propos tenus hier par la directrice générale de l’INSEE lors de la présentation de la nouvelle enquête sur le budget des ménages.

La part importante de la nourriture dans les dépenses des plus pauvres souligne la vulnérabilité accrue d’une grande partie des Réunionnais à la vie chère. Car d’après le dernier indice mensuel des prix à la consommation, les prix dans l’alimentation hors produits frais augmentent plus vite que l’inflation, et croissent également plus rapidement qu’en France.

Le RSA, le SMIC, les retraites et les prestations sociales évoluent en fonction de la réalité économique de la France, qui n’est pas celle de La Réunion. En découle un pouvoir d’achat plus faible pour une même somme, car le coût de la vie est plus élevé à La Réunion. L’aspect le plus dramatique, c’est que plus les revenus sont faibles, plus les effets de la vie chère se font ressentir.

En effet, à mesure que les recettes d’une famille augmentent, la part consacrée à l’alimentation va baisser. Cela signifie que la hausse des prix dans ce secteur a un impact moindre sur le budget global.

Malheureusement, cette inégalité n’apparaît pas comme une préoccupation des gouvernements qui se succèdent depuis que La Réunion est devenue un département. Plus grave, une décision récente est allée dans le sens de l’injustice. En 2009, les manifestations des Réunionnais aux côtés du COSPAR ont permis d’obtenir de l’État le versement d’une prime pour atténuer l’impact de la vie chère, c’était le RSTA. D’un montant de 100 euros par mois, elle était destinée aux personnes dont le salaire est inférieur à 1,4 SMIC. En 2013, le gouvernement socialiste a décidé de supprimer le RSTA. Cette décision a pris effet dans le budget voté à la fin de l’année 2013. Dans cette entreprise, le gouvernement a pu compter sur le soutien des députés socialistes et de Huguette Bello. Aucun n’a voté contre ce budget qui diminuait les revenus des travailleurs les plus pauvres.

Les Réunionnais ne sont pas tous égaux face à la vie chère. Ce sont les plus pauvres qui en paient le prix le plus lourd, et ils sont abandonnés par ceux qui ont la responsabilité de défendre les intérêts de La Réunion.


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