Edito

L’intégration régionale, une question politique

Ary Yée Chong Tchi Kan / 6 novembre 2014

La Chine reçoit le Sommet annuel des pays de l’APEC (Association de Coopération économique de l’Asie-Pacifique), l’une des expériences d’intégration géographique les plus dynamiques. Compte tenu de la présence des dirigeants des États-Unis, de la Russie, du Japon, du Vietnam etc, l’importance politique du moment n’aura échappé à personne. Auréolée de leur stature de seconde puissance économique mondiale, les Chinois ont été attentifs aussi bien à la qualité de l’accueil et aux résultats des travaux.

Mais c’est en interne que l’impact sera le plus évident. La première fois que la Chine a accueilli un tel événement, c’était en 2001. Treize ans séparent les 2 sommets. La place et le rôle de la Chine ont beaucoup évolué. Cela permet aux Chinois de mesurer la voie choisie par leurs dirigeants politiques en 1978. À ce moment, personne ne savait que l’URSS allait s’effondrer onze ans plus tard, en 1989, et que le monde allait entrer dans une ère totalement inédite. Il y a donc 36 ans, la décision du PCC était un immense défi jalonné de dangers. Et, à chaque pas chancelant naissait de nouvelles contradictions.

Au poste de pilotage de ce mouvement tectonique, le Parti communiste chinois (PCC) mène une expérience à la tête d’une population nombreuse, dépassant largement celles des États-Unis, de l’Union Européenne et de la Russie réunies. Seulement sur les 10 dernières années, cette population a augmenté de 132 millions de personnes, soit 2 fois la France. Zoom sur un point : l’année dernière, il a fallu crée 10 millions d’emplois nouveaux pour répondre aux besoins de la jeunesse. Loin de s’estomper, les contradictions s’accumulent dans beaucoup de domaines.

A cette nouvelle étape, comment interpréter les déclarations de John Kerry, le secrétaire d’État américain, selon lesquelles la Chine et les États-Unis sont les deux puissances qui vont façonner le XXIe siècle ? Il s’adressait à des étudiants à Washington, la semaine dernière, avant la rencontre de l’APEC. Il n’a pas occulté les points qui lui semblent négatifs. On retiendra surtout que les 2 géants doivent, selon lui, saisir « l’occasion de mettre sur pied une relation constructive sur tout un nombre de sujets, du changement climatique au commerce mondial ». Qui s’en plaindrait ?

Au bilan global, les États de l’APEC représentent 60% du PIB mondial et 45% de leurs échanges commerciaux. Par comparaison, les échanges commerciaux de La Réunion avec ses voisins n’atteignent même pas 5%. Par contre, les deux tiers de nos importations proviennent de France et d’Europe. À la lumière des résultats de l’intégration régionale de l’APEC, comment ne pas souligner l’appel permanent lancé par le PCR pour sortir La Réunion de l’isolement politique dans lequel le gouvernement l’enferme de plus en plus ? Lors du dernier sommet de la COI, le nom de La Réunion n’est même pas mentionné dans une déclaration de 5 pages !


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