Edito

L’Irak victime d’une arme de destruction massive créée par Washington

J.B. / 5 juillet 2016

Dimanche, plus de 200 personnes sont mortes dans un attentat-suicide à Bagdad, capitale de l’Irak. En Irak, les attentats se sont multipliés depuis plusieurs années. Après le groupe Al Qaïda de Ben Laden, c’est maintenant celui de l’Etat islamique qui a pris le relais.

Cela fait maintenant 13 ans que le gouvernement des États-Unis a déclenché l’invasion de l’Irak. Cette décision s’est faite sur la base d’un mensonge, proféré à la tribune du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Il faut se rappeler de Colin Powell, le ministre étatsunien, brandissant une fiole à la main qui devait contenir un extrait d’arme de destruction massive, disait-il. Pour appuyer sa manipulation, des images étaient projetées prétendant que l’Irak se constituait un arsenal d’armes chimiques. Plusieurs gouvernements ont alors suivi Washington. Plusieurs années plus tard, il fallait se rendre à l’évidence : il n’y avait pas d’arme de destruction massive.

Depuis cette invasion, les Irakiens doivent faire à la menace permanente d’attentats. Une catastrophe aussi dramatique que la prise d’otage du Bataclan peut avoir lieu n’importe quand, et plusieurs fois dans l’année. On ne compte plus les attentats meurtriers perpétrés avec des voitures piégées ou des kamikazes, qui font à chaque fois des dizaines de victimes. Cette situation s’est aggravée depuis 2011, quand les gouvernements occidentaux et leurs alliés ont choisi d’intervenir dans la guerre civile en Syrie. Ils ont favorisé le renforcement d’un groupe armé, l’État islamique, qui était utilisé contre les forces syriennes. Mais voyant qu’il n’arrivait pas à vaincre en Syrie, l’État islamique s’est retourné vers l’Irak où il a rapidement conquis d’importants territoires. Cette campagne lui a permis ensuite de proclamer la création d’un nouvel État à cheval sur l’Irak et la Syrie.

La violence s’est alors intensifiée dans la région. Daech a choisi de porter la guerre au cœur des capitales des gouvernements alliés des États-Unis. La France a été touchée, la Turquie a subi plusieurs attentats meurtriers. Mais dimanche, l’attaque d’un marché à Bagdad a fait un nombre de victimes encore plus important. Les images de l’attaque décrivent les dégâts d’une arme de destruction massive, qui a tué au moins 200 personnes en un instant. En 2003, il n’existait pas d’arme de destruction massive en Irak, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.

J.B.


Kanalreunion.com