Edito

L’Occident pris au piège de ses intérêts égoïstes, se moque de la démocratie

Manuel Marchal / 20 novembre 2014

Le 30 octobre 2014, la Suède a pris un décret qui reconnaît le droit des Palestiniens à vivre dans un Etat. Cette décision a brisé le bloc européen qui n’avait aucune pitié devant les souffrances endurées par le peuple Palestinien. Le geste de solidarité de la Suède fut souligné par le chef de l’Autorité Palestinienne comme « courageuse et historique ». Il ne fallait pas plus pour que Israël se sente offensé et déverse son fiel sur les Suédois accusés de « renforcer les exigences irréalistes des Palestiniens ». Cette déclaration fut suivie par celle des Etats-Unis qui qualifient l’initiative de « prématurée ».

Cependant, la décision de la Suède a enclenché une véritable dynamique, en Europe et ailleurs. Par exemple, au Royaume-Uni, un texte a été voté par la Chambre des Communes (Députés) pour demander au gouvernement d’agir dans le même sens que la Suède. Déjà, 135 pays ont reconnu l’Etat Palestinien.
En France, on n’en est encore au débat pour savoir s’il faut faire comme la Suède. Israël peut tempêter, il ne peut plus faire barrage à la dynamique enclenchée, elle est irréversible.

Cet épisode suédois aura eu le mérite de souligner l’hypocrisie de l’Occident, avec comme chef de file, les Etats-Unis. Ils s’auto-proclament « démocrates », détruisent les gouvernements qui ne leur plaisent pas, poussent les peuples à se battre entre eux, mènent une politique agressive, organisent des sanctions et punition, sans le moindre de procès qui puisse établir la vérité de l’acte d’accusation. Deux jours avant la Suède, c’est à l’ONU que l’assemblée, quasi unanime, a voté en faveur du respect de la souveraineté de Cuba et plaidé pour la levée de l’embargo imposé par les Etats-Unis depuis un demi siècle. Il y a eu 2 opposants à la décision : les Etats-Unis et Israël.

Avant hier, Témoignages a rapporté les propos de l’ancien ministre Anglais des affaires étrangères, William Hague, qui déclare que son pays avait participé à un plan pour « renverser » le président Syrien El Assad. Pour quelles raisons précises ? Il n’en a pas parlé. Il s’est exprimé pour rappeler que son pays s’est servi des fanatiques. Mais puisqu’ils ont changé d’objectifs, en contrôlant de vastes territoires, en Irak et en Syrie, ils constituent une menace. Ils faut donc les éliminer, maintenant.

Voilà les pays de l’Occident pris à leur propre jeu. Ils n’ont rien à cirer de la « démocratie » et des « valeurs humaines ». Ils défendent d’abord leurs intérêts égoïstes.


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