Edito

La campagne des législatives déborde des frontières de la Grèce et atteint Paris

J.B. / 21 janvier 2015

Dans trois jours, les Grecs sont appelés aux urnes pour des élections législatives anticipées. Dans ce pays, une coalition composée de parti opposés à la politique d’austérité est en passe de l’emporter, il s’agit de Syriza. Depuis plusieurs années, la Grèce est le laboratoire des politiques les plus dures. La situation de ce pays était brandie comme une menace lorsque le gouvernement Fillon avait lancé le premier plan d’austérité.
Depuis lors, malgré deux présidents de la République et trois Premiers ministres, la France est toujours en crise. Les mesures d’austérité sont toujours plus dures.

En Grèce, cette politique a conduit à des drames. Des droits essentiels ont reculé, dont celui de l’accès aux soins dans les hôpitaux. La malnutrition est revenue. On ose imaginer ce qu’il adviendrait à La Réunion si pareille politique était menée.
C’est pourquoi Syriza constitue l’espoir pour les Grecs. Le programme de la coalition propose une renégociation de la dette. Pour le gouvernement allemand, une victoire de Syriza posera la question du maintien de l’euro en Grèce. C’est donc une période d’incertitude pour les Européens. Elle se traduit par une perte de confiance envers l’euro qui a atteint son niveau le plus bas face au dollar depuis 11 ans. C’est aussi la décision de la Banque centrale suisse de ne plus fixer de plancher pour la parité entre le franc suisse et l’euro. Cela a entraîné une baisse de 30 % de la valeur de l’euro en franc suisse en une journée. Pour les collectivités qui ont souscrit à un prêt indexé sur le franc suisse, c’est le drame. L’endettement vient d’un coup exploser, aggravant la crise financière des collectivités territoriales.

En France, cette élection est suivie de près. Plusieurs partis ont même décidé lundi de faire un meeting commun de soutien à Syriza. Il a réuni des socialistes dont un député du Parlement européen, les Verts, le Parti de gauche, le PCF et le NPA. Cécile Duflot, ancienne ministre du premier gouvernement sous François Hollande a expliqué sa participation. Elle estime que les engagements du contrat signé entre les Verts et le PS n’ont pas été respectés par ces derniers, car elle note que les propositions des Verts ne sont plus prises en compte.
Ce meeting a permis aux intervenants de prendre largement leurs distances avec la politique du gouvernement alors que tous avaient appelé à voter François Hollande au second tour de la présidentielle.
Pour plusieurs commentateurs, ce meeting dessine l’esquisse d’une alternative progressiste. Le résultat des élections en Grèce dimanche pèsera donc sur le devenir de ce regroupement et donc plus largement sur l’évolution des rapports de force entre les partis politiques à Paris.


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