Edito

La co-responsabilité du monde en marche ?

Ary Yée Chong Tchi Kan / 5 avril 2016

Les Présidents des États-Unis et de la Chine ont annoncé qu’ils seront présents le 22 avril à l’ONU pour signer les Accords de Paris sur le réchauffement climatique. Cette déclaration des 2 plus grands pollueurs a fait chaud au cœur du secrétaire général Ban Ki-moon qui s’en est réjoui dans un communiqué. Il en a profité pour exhorter les autres pays à accélérer le processus de ratification. En effet, pour que le texte adopté à Paris lors de la COP21, le 13 décembre 2015, puisse avoir force de loi et opposable aux tiers, il est indispensable de recueillir la signature de 55 pays représentants au moins 55 % des émissions de gaz à effet de serre. L’enjeu est de parvenir à contenir l’augmentation de la température en dessous de 2°, l’idéal serait de 1,5°. Autrement, nous sommes tous cuits !

Cette séance solennelle de signature est exceptionnelle et marque un tournant historique dans la manière de conduire le monde et traiter des affaires communes. Il n’y a pas de vainqueur qui impose au vaincu ses conditions. Au contraire, chacun reconnaît qu’il est responsable de la situation et annonce la part qu’il compte prendre pour parvenir à l’objectif commun d’éradiquer la crise. Les 2 plus grands pollueurs ne se sentent pas humiliés parce qu’ils produisent 40 % des gaz à effets de serre, mais ils prennent la tête d’une conscience mondiale où ils s’engagent à réaliser le plus effort. Ils sont fiers de l’annoncer et acceptent donc d’être évalués tous les 5 ans.

A n’en pas douter, nous entrons dans une ère nouvelle : la co-responsabilité. Les déclarations médiatiques des 2 leaders signifient qu’ils ont décidé de prendre la tête du mouvement historique. Par conséquent, la vieille Europe et ses anciennes puissances coloniales, qui ont dominé le monde entier durant 5 siècles et imposé leur modèle, jouent désormais les seconds rôles. Dans ce duo de tête, il faut suivre l’impulsion donnée par la Chine : elle veut devenir premier de la classe, avec un objectif de 20 % d’énergie renouvelable vers 2030, année du pic de production de gaz nocif.

Pendant ce temps, à La Réunion, on est devenu le dernier de la classe, alors qu’on était très en avance sous la présidence régionale de l’Alliance. En 2016, les orientations budgétaires des Collectivités (Région, Département et Communes) ont été approuvées, sans prendre en compte les conséquences du changement climatique. Les dernières estimations sur la montée des océans nous interpellent tous. Il faudra bien apprendre la co-gestion du monde et en finir avec la mentalité néo-coloniale qui entrave le rassemblement des Réunionnais pour faire face aux urgences de toutes natures.

NB : La co-responsabilité de La Réunion et du monde est un concept majeur développé dans mon livre : “Réconciliation et Fraternité”, paru en 2009.

Ary Yée Chong Tchi Kan


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