Edito

La COP21 rappelle le recul de La Réunion depuis 5 ans

J.B. / 1er décembre 2015

Dimanche dernier, le Quotidien a fait sa une sur le recul de La Réunion dans la lutte contre le changement climatique depuis qu’une coalition ait décidé de mettre Didier Robert à la direction de la Région Réunion. Hier à Paris, un événement a donné une illustration concrète à ce gâchis.

En 2008, La Réunion a accueilli une conférence internationale sur la biodiversité et le changement climatique en milieu insulaire. Organisée par l’Union européenne et l’UICN, elle rassemblait des délégations de plus de 40 pays, dont la plupart étaient des représentants des îles, en première ligne face aux effets du changement climatique.
Ce sommet avait été précédé d’un séminaire organisé par la Région Réunion. Intitulé Co-développement durable dans les îles de l’océan Indien, cette rencontre avait pour but de définir une stratégie commune pour un développement harmonieux. Deux orientations avaient émergée. La première était celle de l’autosuffisance alimentaire régionale. Il s’agissait de soutenir le développement de Madagascar pour que la Grande-île dépasse l’autosuffisance alimentaire afin de devenir le grenier à blé de la région. Ceci permettrait de raccourcir considérablement les circuits d’approvisionnement. Cela donnerait aussi à nos pays une protection face aux aléas de la situation internationale.

La seconde était d’aller vers l’autonomie énergétique des îles de la COI. Pour cela, il était proposé de s’inspirer des expérimentations alors en cours à La Réunion. Ainsi, les participants avaient formulé l’idée de créer une « ARER de l’océan Indien ». Ils soulignaient la pertinence de l’outil réunionnais destiné à impulser la marche vers l’autonomie énergétique.

Un autre volet de cette stratégie reposait sur les transferts de technologie. La Réunion aurait ainsi pu partager ses compétences techniques et humaines pour soutenir le développement des énergies renouvelables chez nos voisins. Cette action était une opportunité pour La Réunion de s’intégrer dans son environnement régional selon un modèle « gagnant-gagnant ». Elle offrait en effet de nouvelles possibilités d’emploi à des jeunes réunionnais formés mais poussé au chômage dans leur île natale à cause de la crise. Ces emplois se seraient situés non pas dans un lointain continent européen, mais dans les pays les plus proches de La Réunion. D’où la possibilité de revenir beaucoup plus souvent au pays, ce qui ne transformait pas la mobilité professionnelle en exil dans un lieu à la culture et à la géographie si différente de La Réunion.

Hier à Paris, Narendra Modi et François Hollande ont donné vie à l’Alliance solaire internationale. Cette initiative indienne repose sur des transferts de technologie entre les pays développés et ceux en développement dans le domaine de l’énergie solaire. C’est le principe de la démocratisation de l’accès à l’énergie grâce au partage des connaissances. C’est ce que prévoyait la stratégie adoptée 7 ans plus tôt lors d’une rencontre à la Région Réunion, mais qui n’a jamais été mise en œuvre. Car depuis la direction de cette assemblée est passée dans les mains d’une direction qui privilégie les énergies fossiles.

Le 6 décembre prochain, la population peut mettre fin à ce gâchis en soutenant la rupture avec cette politique. C’est ce que propose Pour une Réunion nouvelle, la liste d’union PCR-Progrès-PRG-MRC-Société civile conduite par Patrick Lebreton.


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