Edito

La crise de l’eau n’a pas de frontière

Manuel Marchal / 31 janvier 2017

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A Mayotte, la saison des pluies n’est toujours pas au rendez-vous. Dans le Sud de l’île, les restrictions sur l’usage de l’eau sont toujours de mise. Cela a amené 8 maires à demander le placement en état de catastrophe naturelle. Une telle crise est amenée à se reproduire, car Mayotte est confrontée à deux phénomènes qui pèsent sur la ressource en eau ; le changement climatique et la hausse de la population.

Dans notre région, la sécheresse conduit Madagascar vers la catastrophe. Dans le Sud de la Grande Île, ce sont près d’un million de personnes qui sont menacées par la faim. Cette situation conduit l’ONU à placer Madagascar parmi ses principales préoccupations en termes de lutte contre la faim. À La Réunion, le PCR se mobilise. Il y eut tout d’abord l’appel de Maurice Gironcel à la présidente du Conseil départemental. Puis le 25 janvier dernier, Gélita Hoarau a écrit au président de la République. « La région du Grand Sud de Madagascar vit des conditions climatiques d’extrême sécheresse, provoquant une perte agricole de 80 % », a-t-elle notamment écrit. En tant que chef de l’État, François Hollande est à la tête du pays qui préside actuellement la Commission de l’océan Indien. C’est pourquoi cette initiative vise à placer chacun devant ses responsabilités. Peut-on encore mourir de faim au 21e siècle dans un pays de la COI, dit en substance la sénatrice de La Réunion.

À quelques milliers de kilomètres d’ici, les mêmes causes produisent les mêmes effets. Chaque jour, tous les vols reliant La Réunion à la France passent au-dessus de la Corne de l’Afrique, région composée notamment de la Somalie et de l’Ethiopie. Rares sont les milliers de passagers quotidiens qui pensent à la tragédie qui se noue sous leurs pieds. Ce sont en effet 17 millions de personnes qui sont menacées par la famine. « alors que seul un quart des pluies attendues sont finalement tombées et que les précipitations prévues pour la période allant d’octobre à décembre se sont avérées insuffisantes, la sécheresse généralisée qui affecte actuellement la Corne de l’Afrique s’est aggravée », a déclaré hier la FAO. « Plus de 17 millions de personnes sont actuellement confrontées à une insécurité alimentaire dite de « crise » et d’« urgence » dans plusieurs pays membres de l’Autorité intergouvernementale sur le développement (IGAD), à savoir le Djibouti, l’Érythrée, l’Éthiopie, le Kenya, la Somalie, le Soudan du sud, le Soudan et l’Ouganda », indique l’organisation internationale. Elle appelle à l’action : « actuellement, près de 12 millions de personnes à travers la Somalie, l’Éthiopie et le Kenya ont besoin d’une aide alimentaire. En effet, de nombreuses familles ont un accès limité à l’alimentation et aux revenus tout en faisant face à une hausse de leurs dettes. A cela s’ajoute de faibles stocks de céréales et de semences et une diminution de la production de lait et de viande. Un avis d’alerte correspondant à une situation de pré-famine a été émis pour la Somalie, soulignant le fait qu’ une intervention humanitaire immédiate et de grande échelle est indispensable ».

La crise de l’eau a des impacts divers dans notre région. Ils ne sont pas négligeables car l’eau est une ressource indispensable à la vie. Les changements climatiques n’ont pas de frontière, et La Réunion n’est pas épargnée par ce phénomène. Avant que ses conséquences ne soient aussi dramatiques que chez nos voisins, il est essentiel d’anticiper. Cela passe par récupérer au mieux l’eau qui tombe du ciel. C’est le projet du PCR de réseau de retenues colinaires dans les hauts.

M.M.