Edito

La crise des surcapacités

J.B. / 12 avril 2016

« Des ministres, hauts fonctionnaires et représentants du secteur privé de quelque 30 pays, dont la Chine, le Japon, l’Allemagne, l’Inde, le Royaume-Uni et les États-Unis, se réuniront avec des représentants de l’UE, de l’OMC, de l’OCDE et de l’Association mondiale de l’acier le lundi 18 avril à Bruxelles, afin de rechercher des solutions à la crise des surcapacités, dans un contexte d’exportations excessives qui pèsent sur le secteur mondial de l’acier », indique un communiqué de l’OCDE qui précise que « fin 2015, les surcapacités d’acier étaient supérieures à 700 millions de tonnes ; des analyses de l’OCDE estiment que de nouvelles installations devraient produire 47 millions de tonnes supplémentaires d’ici 2018. On s’attend parallèlement à ce que la consommation d’acier ait diminué l’an dernier ». Sur le cours mondial, l’acier a perdu la moitié de sa valeur au cours des cinq dernières années.

L’acier est d’ailleurs la première source de différends traités au niveau de l’Organisation mondiale du commerce. Dans un cas sur trois, les mesures anti-dumping dénoncées concernent ce produit.

La croissance de la population et celle de l’économie ne profite donc pas à un secteur qui est en difficulté, car la demande diminue. L’acier a été avec le charbon la première politique commune menée en Europe. C’était une industrie florissante au cours des Trente Glorieuses en France. Depuis les années 1970, de plans de restructuration en fermetures d’usine, elle a quasiment disparu de ce pays. Seules quelques installations subsistent, ainsi qu’un centre de recherche. Tout cela a été racheté depuis plusieurs années par Mittal, une société indienne.

D’autres produits sont menacés de subir le même sort, c’est le cas du sucre. La semaine dernière, l’OMS a placé la Journée mondiale de la Santé sous le signe de la lutte contre le diabète. Plus de 400 millions de personnes sont touchées dans le monde, et la maladie progresse très rapidement. La Réunion est un des pays les plus concernés au monde. Le principal facteur responsable de cette maladie est la consommation de sucre. Si à l’échelle du monde se met en place une grande campagne de lutte contre le diabète, alors elle aura des répercussions sur la vente de sucre. Cela remettra en cause les espoirs de croissance de la demande. Ces derniers reposent sur l’idée que la croissance de la population mondiale va s’accompagner d’une plus grande diffusion dans le monde du modèle de consommation occidental. La conséquence prévisible sera alors le même problème que l’acier, avec une crise de surproduction durable et l’écroulement des prix. L’an prochain, l’industrie sucrière de La Réunion n’aura plus la protection du quota et du prix garanti, pourrait-elle encore trouver des débouchés dans un tel contexte ?

J.B.


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