Edito

La crise du JIR et sa vieille peau anti-communiste

Ary Yée Chong Tchi Kan / 29 janvier 2016

Le JIR va mal, très mal, selon son propriétaire, Abdoul Cadjee qui signe l’éditorial de lundi 28 janvier. Témoignages le savait depuis bien longtemps. Le PCR le savait, aussi. Nous n’en avons pas fait un scoop. Nous aurions pu régler des comptes car jusqu’à la veille, 2 éditoriaux étaient destinés à salir le PCR. Organe d’un parti responsable, nous le disons et répétons que nous vivons une grande mutation du monde qui nous affecte également. Nous appelons à l’union des Réunionnais sur l’essentiel, pour sortir du marasme ce département socialement hors normes. Notre position est radicale : nous sauver ensemble ou pas du tout. Mettre fin à l’égoïsme de classe, l’individualisme, le sectarisme et l’obscurantisme. Le fossé est grand entre la conscience de l’urgence et la perpétuation de petits calculs dérisoires.

En effet, la réalité sociale de l’éditorial de Cadjee annonce un plan de licenciements, après un dégraissage constant et des arriérés de salaires. Cela entrainera d’autres plans sociaux chez les sous-traitants et autres partenaires économiques. Des millions de dettes ont été accumulés. C’est une catastrophe économique et sociale de plus pour le pays. L’autre réalité s’exprime à travers les 2 éditoriaux précédant le sien : jusqu’à la veille de son congé, la Rédaction en Chef du JIR s’est attaquée au PCR, assurant même que nous sommes déjà morts mais pas un mot sur leur journal. Qu’est-ce qui leur a pris de nous traiter de « has been » ? C’est une conception bizarre de l’information indépendante. Depuis 57 ans, tous les moyens ont été utilisés contre les Communistes. Dans la fraude et les violences politiques, Le JIR choisissait le camp anti-communiste. Sur cette longue frise historique, la collaboration de Bello-Hoarau est spectaculaire mais ô combien instructive pour les communistes. Totalement à contre courant des réalités sociales des travailleurs et des agents économiques Réunionnais.

La récente disparition de Témoignages en version papier et la crise au sein du JIR masquent les difficultés réelles du troisième titre de presse quotidienne : le Quotidien. Devant l’hécatombe de la presse papier, il est illusoire de tenter de se sauver seul en rêvant à la mort de ses concurrents. Les forces qui déstructurent la société actuelle sont plus fortes que la résistance d’un seul secteur d’activité, encore moins de celle d’un seul acteur. Ce sont notamment les conséquences de la réalisation du marché unique mondial et sa nouvelle division du travail ; c’est la puissance de la jeunesse scolarisée et ses capacités d’innovation numérique planétaire et instantanée ; c’est le développement du marketing direct ; et c’est aussi la dévalorisation des opinions politiques ; sans compter l’inévitable intégration régionale.

Dans de telles circonstances, dans d’autres secteurs, il y aurait eu déjà une table ronde d’urgence entre les acteurs de la filière, la définition d’une stratégie commune et des moyens pour assurer la survie du travail et de ses outils. Il y a la place pour Témoignages, le JIR et le Quotidien. La solution n’est pas technique. Qui peut mettre en doute les réformes audacieuses déjà engagées par le JIR ? Le traitement de cette crise d’ampleur relève d’une vision globale et optimiste d’un avenir commun reunionnais, dans le respect de chacun.

Dans le passé, Témoignages a participé activement au sauvetage du Quotidien d’une disparition prématurée. Témoignages a été à l’initiative de la formation de nouveaux journalistes ; tous les médias de la place en ont profité (pas seulement la presse). Témoignages n’a pas hésité à sortir sur la rotative du JIR quand le coût de production de son partenaire-imprimeur lui imposait des coûts élevés.

De l’audace. Oui, il faut de l’audace, mais cela suppose que la rédaction en chef du JIR se débarrasse sa vieille peau anti-communiste.

Ary Yée-Chong-Tchi-Kan



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Messages






  • Bon WE à vous tous, Je prends note de ce chamboument annoncé pour la presse locale. J’aurais voulu savoir pourquoi ne pas avoir fait allusion à une autre journal local aujourd’hui disparu, "Le Réunionnais", c’était le seul quotidien en couleur en plus mais ce n’est sans doute pas pour cette raiosn qu’il a disparu des kiosque. C’est dommage à chaque fois car c’est avec de la pluralité qu’on peut se faire une idée, comme à la TV, à la radio.
    Bon WE à tous avec l’espoir de revoir le train TER rouler ici, vive le transport ferré, écologique et créateur d’emplois salvateurs !

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