Edito

La crise du logement s’aggrave

J.B. / 1er février 2017

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Publié hier, le rapport sur le mal-logement en France de la Fondation Abbé-Pierre dessine l’image d’un pays en crise. 12 millions de personnes sont concernées par un problème de logement (Effort financier excessif, précarité énergétique, risque d’expulsion locative, copropriétés en difficulté, surpeuplement). Voici quelques indicateurs : « Le nombre de personnes sans domicile a augmenté de 50 % entre 2001 et 2012. Celui des personnes en hébergement contraint chez des tiers de 19 % entre 2002 et 2013. Les personnes en surpeuplement accentué sont de plus en plus nombreuses, alors que la tendance depuis des décennies était plutôt à la baisse : + 17 % entre 2006 et 2013 pour le surpeuplement accentué et + 6 % pour le surpeuplement modéré. » Le rapport souligne également que le nombre des familles qui se privent de chauffage pour payer leur loyer a augmenté de 44 % depuis 2006. Les expulsions avec recours à la force publique sont aussi en hausse de 33 % depuis 2006.

Ces données montrent donc une aggravation du mal-logement. Pour les Réunionnais, c’est encore plus grave. En effet, le nombre des demandes de logement social s’allonge. C’est la pénurie. Des familles ayant droit à un logement social doivent donc vivre dans le parc privé, où le montant des loyers est plus élevé. Une étude récente publiée par l’INSEE précise que dans ce cas, le montant du loyer est proche de celui des revenus de la famille concernée. Seule les allocations logements permettent d’assurer le paiement du loyer, qui atteint, cette aide déduite, la moitié des revenus des familles les plus démunies.

Une autre étude de l’INSEE publiée l’année dernière indiquait qu’en 2013, 259.000 personnes vivaient dans un logement surpeuplé. Cela représentait alors 30 % de la population de La Réunion.

En France, la crise du logement est loin de trouver une solution. C’est encore plus vrai à La Réunion où la construction est en panne. Avoir un logement décent est un droit fondamental. La précarité dans ce domaine est une des principales causes d’inégalité. Car cela constitue un obstacle supplémentaire pour l’apprentissage notamment. C’est pourquoi une nouvelle politique du logement est nécessaire.

J.B.


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