Edito

La défaite de Cécile Duflot annonce l’échec prévisible des soutiens du gouvernement aux législatives

J.B. / 21 octobre 2016

La primaire des Verts a donné un résultat qui a surpris les observateurs. La grande favorite, Cécile Duflot, a été battue dès le premier tour. Elle finit en troisième position, derrière deux élus Verts du Parlement européen. Cécile Duflot avait pourtant préparé ce rendez-vous depuis longtemps. Cela fait deux ans qu’elle avait quitté le gouvernement. La loi n’obligeant pu un ministre à démissionner, elle avait donc réintégré les bancs de l’Assemblée nationale. Dans l’hémicycle, elle était classée dans les frondeuses. Elle a en effet mené la bataille contre la politique du gouvernement, ce qui a amené les élus fidèles à cette ligne à refuser de voter confiance au gouvernement. Chez les Verts, d’autres responsables n’étaient pas sur cette ligne, ils ont quitté ce parti pour entrer au gouvernement.

Les observateurs auraient donc pu penser que l’ancienne ministre du Logement s’était démarquée du gouvernement. Mais lors de la primaire, nul doute que sa participation à la majorité au cours de la première partie du mandat de François Hollande lui a coûté cher. Deux années n’ont pas suffi à faire oublier qu’en tant qu’ancienne ministre, bien qu’ayant quitté le gouvernement depuis 2 ans, elle reste comptable du bilan de la politique menée depuis bientôt 5 ans. Sa défaite dès le premier tour d’une élection dont elle était la favorite en dit long sur le niveau du rejet de cette politique.

Ce résultat est un avertissement considérable pour les 7 députés de La Réunion. En 2012 lors de la présidentielle, François Hollande avait obtenu la majorité absolue dès le premier tour, et plus de 70 % des voix au second. Ce triomphe illustrait l’espoir considérable dans l’alternance. Un mois après, les Réunionnais avaient envoyé siéger à l’Assemblée nationale 7 députés membres de la majorité présidentielle. Quatre ans plus tard, la situation ne s’est pas améliorée. Elle va même s’aggraver considérablement avec la mise au chômage des jeunes qui voient le contrat en emploi d’avenir se terminer. Autant dire que la déception aujourd’hui est à la hauteur des attentes de 2012.

Force est de constater que les députés de La Réunion soutiennent encore pour la plupart la politique du gouvernement, à l’exception de Thierry Robert. En effet, les élus socialistes et Bello n’ont jamais voté contre un budget présenté par cette majorité. L’accession d’une députée de La Réunion à un poste de secrétaire d’État puis de ministre des Outre-mer arrive alors comme une reconnaissance de cette fidélité sans faille.

Mais l’année prochaine, il faudra assumer le bilan. Deux députés ont déjà pris leur décision : Patrick Lebreton et Jean-Claude Fruteau ne se représenteront pas devant les électeurs. Il reste trois députés socialistes dont une ministre et Bello. La mésaventure de Cécile Duflot ne préfigure-t-elle pas ce qui se passera dans quelques mois à La Réunion pour les derniers soutiens du gouvernement ?



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  • Les raisons de la défaite surprise,de Cecile Duflot sont multiples. La principale est probablement son intransigeance, son égo et sa volonté de faire cavalier seul. Les Verts n’aiment pas ceux qui se montrent trop autoritaires.
    Les deux personnes qui iront au second tour sont certes critiques à l’égard du gouvernement mais plus modérés qu’elle.
    Mais je ne suis pas un vert (loin de là) mais je pense que c’est plutôt une bonne chose pour eux. Cécile Duflot aurait fait entre 2 et 3 % . leur candidat a de grandes chances d’atteindre les 5 %. Financièrement cela sera meilleur pour eux.
    il est possible que certains votants aient pensé à cela. LOL

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