Edito

La dégradation du climat social ne laisse aucun répit au gouvernement

J.B. / 2 mars 2013

En ce début des petites vacances d’été, le débat sur le calendrier climatique n’est toujours pas tranché. Durant ce premier trimestre, nous avons essuyé 2 cyclones qui sont passés au loin, mais ont laissé d’importants dégâts. C’est Madagascar qui a essuyé les conséquences d’un troisième qui rôdait dans le coin. À la suite d’une rupture de digue, une inondation a submergé plusieurs quartiers de Tuléar.

En ce début du mois de mars, l’opinion est toujours focalisée sur les manifestations des jeunes qui réclament un ti-contrat à défaut d’un emploi. Les jeunes ont pu voir à quel point le pouvoir central se moque de la dégradation accélérée de leur situation sociale, laissant les maires, seuls, encaisser le choc des mots et la violence des actes. Beaucoup de dépenses pour faire venir des gendarmes et policiers auraient pu être utilisées différemment.

Le climat social ne s’est pas encore estompé que voilà annoncée l’augmentation des prix du carburant et du gaz, reléguant les efforts de la liste Lurel à zéro. Un tel concours de circonstances est surprenant. Comme on ne peut pas suspecter le gouvernement de jeter de l’huile sur le feu, les Réunionnais sont obligés de constater les limites du pouvoir à contrôler les prix et calmer les esprits, depuis Paris, situé à 10.000 kilomètres.

En outre, Didier Robert a ridiculisé le gouvernement socialiste en lui faisant porter le chapeau de ces augmentations, alors que les dirigeants du PS local attendaient de lui une certaine bienveillance, à la hauteur de la trahison qu’ils avaient consentie pour lui permettre d’accéder à la tête de la Région, lui le chef de l’UMP.

Les évènements vont s’accélérer avec la décision du Conseil Constitutionnel de retoquer la prise en charge de la prime COSPAR dans un texte de loi concernant « les contrats de génération ». Le gouvernement ne peut plus rejeter ses responsabilités sur les autres, dont les maires. Il doit agir vite. Toute affaire cessante, il faut faire repasser le projet d’amendement pour que les travailleurs bénéficiaires ne soient pas lésés.

Les évènements de ces 2 premiers mois de l’année ont illustré l’impossibilité d’aller plus loin dans le cadre actuel. Des prises de positions diverses ont apporté du souffle dans un débat sur les conditions du changement. On n’hésite plus à parler ouvertement de la sur-rémunération et du changement institutionnel, sans risque d’être catalogué de torpilleur de la République ou d’ennemi des fonctionnaires. Dans toutes les couches sociales, des gens sincères appellent au changement. Le temps presse pour ceux qui attendent en silence un emploi, la baisse des prix et un logement.

Les derniers chiffres du chômage ne laissent aucun répit au gouvernement.

J.B.


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