Edito

La démolition des projets provoque la baisse des salaires

Manuel Marchal / 29 décembre 2010

Hier, la CGTR-BTP a tenu une conférence de presse sur un aspect nouveau de la crise : les congés pas payés de salariés du BTP. C’est un nouveau développement de la crise que connaît le pays qui a été mis en évidence par l’organisation syndicale.

Chacun peut constater que le chômage augmente continuellement à La Réunion. Le mois dernier, le nombre de travailleurs inscrits à Pôle emploi et privés de travail a augmenté de 2.700 en un mois. C’est l’équivalent de la fermeture d’un grand groupe à l’échelle de l’île.
Le BTP connaît une très grave crise qui a commencé en mai 2007, lorsque Didier Robert a décidé de supprimer la rocade du Tampon, donnant à Paris et à d’autres élus de La Réunion le signal du début de la démolition des projets. Avant cela, le BTP était le secteur moteur de l’économie du pays. Aujourd’hui, il est plombé par les conséquences de décisions politiques prises à La Réunion et par le gouvernement UMP.
Des milliers de travailleurs ont été les victimes de ces choix partisans. Quand la Région décide d’annuler le chantier du tram-train, elle empêche la création immédiate des milliers d’emplois qui pouvaient sauver ces travailleurs du chômage. Elle accentue alors la crise qui place toute la filière dans une impasse sans précédent.

Conséquence : la baisse importante du pouvoir d’achat ne concerne plus seulement ceux qui ont été mis au chômage, mais également des travailleurs qui ont un emploi. Car la CGTR-BTP constate que durant la période des congés du BTP, des travailleurs ne seront pas payés parce que des employeurs ne sont pas à jour de ses cotisations à la caisse des congés payés. C’est un salaire de 5 semaines qui n’est pas payé.
Ce fait est révélateur, il indique une extension générale de la crise dans un secteur économique. C’est une baisse de salaire que subissent ces travailleurs. Tant que le gouvernement et ses soutiens à la Région feront de la Com’ plutôt que relancer les chantiers déjà financés, alors la crise s’aggravera, tout comme le nombre de travailleurs qui verront leur salaire diminuer, qu’ils soient privés d’emploi ou en activité.

M.M.


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