Edito

La dynamique de Nagoya à Cancun ?

Manuel Marchal / 30 octobre 2010

Selon les informations qui parviennent de Nagoya, la Conférence de l’ONU relative à la Convention sur la biodiversité s’est conclue sur un accord largement salué. 10 mois après la tentative de passage en force de quelques pays à Copenhague, c’est un changement important.

Les pays du Sud ont pu inscrire une mesure importante, celle d’un meilleur partage des richesses issues de la faune et de la flore. Tirée en particulier des forêts tropicales, la matière première de l’industrie pharmaceutique des pays riches permet de produire de confortables profits et de créer des milliers d’emplois en Europe ou en Amérique du Nord. Or, les pays d’où vient cette matière première doivent encore payer des prix exorbitants pour obtenir le droit d’utiliser les médicaments issus de la richesse de leur biodiversité.
La rédaction d’un protocole contraignant dans ce domaine est un début si cela s’inscrit dans la marche vers un meilleur partage des richesses entre les peuples, et vers une plus grande reconnaissance de ce que le Sud apporte au monde.

Par ailleurs, les États parties de la Convention sur la diversité biologique se donnent pour objectif d’intégrer dans des zones protégées 17% des terres et 10% des mers. Cela a pour but de préserver des sanctuaires de biodiversité.
À un peu plus d’un mois de la Conférence de Cancun sur le climat, ce résultat est donc encourageant. Il indique que des pays peuvent trouver un accord visant à préserver l’intérêt des générations futures.
C’est donc une dynamique sur laquelle il est important de s’appuyer. Car à Cancun, aucun accord ne sera possible si les préoccupations particulières ou le calendrier électoral prennent le pas sur une question fondamentale : sommes-nous prêts à changer de modèle pour sauver l’existence de toute l’humanité ?

M.M.


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