Edito

La fin d’un monde

J.B. / 24 mai 2012

Une orientation prioritaire du nouveau président de la République, c’est le non-cumul des mandats. Un parlementaire ne pourra plus avoir de mandat exécutif local, c’est donc la fin programmée des députés-maires, des sénateurs-maires, des présidents de collectivités cumulant un mandat de député ou de sénateur. L’objectif ultime de ce projet, c’est d’empêcher tout cumul, ce qui aura pour effet d’empêcher l’élection d’un maire ou d’un adjoint en tant que conseiller général. Pour La Réunion, c’est un bouleversement.

À l’époque coloniale et pendant les premières décennies qui ont suivi l’abolition du statut colonial, nombre de maires étaient de gros planteurs, ou des industriels du sucre. Cette classe était donc à la tête des Mairies, et elle se retrouvait au Conseil général. Car c’est une particularité de La Réunion : alors qu’en France, les cantons sont des regroupements de communes, dans notre île c’est le contraire : une commune peut être composée de plusieurs cantons.

La conséquence, c’est que le Conseil général était un lieu de réunion de l’aristocratie du sucre, un club de maires. Plus tard, les usiniers et gros planteurs ont été progressivement remplacés à la tête des Mairies. Mais fondamentalement, le Conseil général est resté une association de maires, puisqu’il est majoritairement composé de premiers magistrats de communes, et d’adjoints.

C’est cet édifice vieux de deux siècles qui va s’écrouler avec l’application du projet présidentiel. Autant dire que la fin du cumul des mandats va créer un formidable appel d’air qui va sensiblement accélérer le renouvellement de la classe politique, et favorisera l’application de la parité.
C’est cela le changement.

J.B.


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