Edito

La fin du quota sucrier : quelles solutions ?

J.B. / 23 mars 2013

La Commission européenne a décidé d’abolir la politique des quotas, en 2015. Le Parlement européen a proposé de repousser à 2020. Le Conseil des ministres de l’Agriculture annonce 2017. Le ministre français trouve que c’est un bon accord et s’en félicite dans un communiqué. Désormais, il faudra attendre les arbitrages nécessaires entre les 2 positions extrêmes : 2015 ou bien 2020. La proposition des ministres de l’Agriculture s’apparente à un compromis.

Quelle que soit l’année qui sera choisie, la suppression du quota est devenue réalité. Les conséquences vont s’enchaîner et s’accélérer. Le sucre de La Réunion sera vendu à l’extérieur au cours mondial, alors qu’actuellement, il bénéficie d’un marché privilégié et d’un prix garanti, ce qui fait de la production une valeur sûre. Le cours mondial étant plus faible que le prix garanti, la recette sera moindre. Que fera l’usinier qui détient aujourd’hui toutes les richesses tirées de la canne après l’accord de 1969 de Virapoullé ?

Il faudra maintenant sauver les intérêts des planteurs dans le cadre d’un nouveau partage de la richesse. La responsabilité de tous les acteurs de la filière et celle des politiques sont engagées.

En effet, une nouvelle Convention Canne est prévue en 2014 : il faut tout mettre à plat. Les prochaines municipales auront lieu la même année. En dehors du Port, 23 communes sont couvertes de cannes. Les candidats pourront-ils zapper l’avenir des planteurs ?

La plupart des élus ne s’intéressent pas à ces problèmes. D’ailleurs, il n’y a même pas un an se tenaient une présidentielle et sept législatives, l’avenir des planteurs ne figurait même pas dans le programme des candidats. Il faut reconnaître que le PCR est le seul parti qui a mis ce problème à son agenda. Quant aux médias, ils ont l’information depuis 3 jours comme "Témoignages", ils n’en font même pas état.

Il est vrai que ce dossier est complexe. Raison de plus pour l’aborder sereinement. Le pire serait de continuer à salir le PCR quand celui-ci fait appel à l’esprit de responsabilité devant l’imminence d’une catastrophe. Sur ce dossier, comme sur bien d’autres, l’Histoire donne raison aux analyses du PCR. Comme on n’a rien à faire de la gloriole, notre responsabilité est encore plus engagée. Les médias devraient mettre un terme à la diversion municipale et imposer un vrai débat politique sur des solutions concrètes.

J.B.


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